Par Boris Mawuena
Selon la Note de conjoncture des finances locales, publiée par la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP), les recettes de fonctionnement cumulées des 77 communes du pays s’élèvent à 8,1 milliards de francs Cfa à fin septembre 2025, contre plus de 11 milliards de francs Cfa à la même période en 2024. Cela correspond à une baisse de 26,91% en glissement annuel.
Cette contreperformance est principalement liée à l’effondrement des recettes propres communales, qui chutent de 39,15%, passant de 5,77 milliards à 3,51 milliards de francs Cfa. À ce stade de l’année, les recettes de fonctionnement n’ont été mobilisées qu’à 26,62% de la prévision annuelle, traduisant une faible capacité de mobilisation des ressources locales.
L’analyse par catégorie de communes met en évidence de fortes disparités. Les communes à statut intermédiaire enregistrent une baisse de recettes de plus de 35%, tandis que les communes à statut particulier subissent une contraction encore plus marquée, dépassant 80%. À l’inverse, les communes ordinaires affichent une progression de 11,48% de leurs recettes. Toutefois, cette performance reste insuffisante pour compenser les pertes observées dans les autres groupes.
La note souligne le caractère structurel de la faiblesse des recettes propres. La Contribution au développement local (CDL), pilier de la fiscalité communale, poursuit sa baisse entamée depuis 2023. Cette situation pénalise particulièrement les communes ordinaires et intermédiaires, pour lesquelles la CDL constitue une source essentielle de financement.
Une dépendance accrue aux transferts de l’État
Face à cette faible mobilisation des ressources endogènes, la dépendance des communes aux dotations et subventions de l’État s’accentue. Au troisième trimestre 2025, ces transferts représentent 57% des recettes de fonctionnement, contre 48% un an plus tôt. Pourtant, en valeur absolue, les concours financiers de l’État reculent, passant de 5,31 milliards à 4,59 milliards de francs Cfa.
Ce paradoxe budgétaire fragilise la capacité des collectivités territoriales à couvrir durablement leurs charges et à planifier leurs investissements. Dans un contexte de réforme de la décentralisation et de mise en œuvre du Fonds d’investissement communal, ces résultats questionnent la capacité réelle des communes à jouer leur rôle de moteur du développement local.
Malgré une croissance économique nationale soutenue, 7,5% en 2024 et 6,4% projetée en 2025, les performances des finances locales peinent à suivre. L’amélioration durable de la mobilisation des ressources communales apparaît ainsi comme un enjeu majeur de gouvernance territoriale et d’autonomie financière.