Par Claudia Kenou
La Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) a franchi une nouvelle étape dans son développement industriel avec l’expédition de plus de 50.000 vêtements produits pour la marque française GEMO. Ce partenariat marque l’entrée officielle du Bénin dans la chaîne de valeur textile d’un acteur majeur du prêt-à-porter européen.
GEMO, filiale du groupe Eram, compte plus de 400 magasins à travers l’Europe. Réputée pour sa mode accessible et sa démarche responsable, la marque opère désormais au Bénin via un accord avec Benin Textile Corporation, opérant dans l’enceinte de la GDIZ. L’objectif est clair: produire un million de pièces d’ici la fin de l’année, avec une ambition de triplement en 2026. Pour GEMO, ce partenariat s’inscrit dans une logique de «near-shoring», visant à rapprocher les lieux de production des marchés européens, tout en réduisant l’empreinte carbone et en s’appuyant sur du coton local. «Produire au Bénin, dans un cadre socialement responsable, représente un véritable levier d’innovation durable», a déclaré Brice Berrard, Directeur des achats de GEMO.
Ce partenariat s’ajoute à une liste croissante de marques internationales - dont KIABI, The Children’s Place et US Polo Assn - ayant choisi la GDIZ comme base de production textile en Afrique de l’Ouest. Pour la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin), structure en charge de la zone, cette nouvelle commande confirme le positionnement du site comme une plateforme industrielle compétitive et socialement conforme. «Cette première expédition pour GEMO confirme l’attractivité de la GDIZ comme plateforme industrielle de référence pour les grandes marques mondiales», a déclaré Létondji Beheton, Directeur général de la SIPI-Bénin.
Depuis sa création, la GDIZ mise sur une transformation locale du coton béninois, en intégrant dans un même périmètre, production, transformation et logistique. L’écosystème vise à créer des emplois qualifiés tout en garantissant traçabilité et durabilité. L’accord avec GEMO, conclu après des discussions entamées en juin 2024, témoigne d’un basculement progressif du Bénin vers une industrialisation structurée. À travers des partenariats de ce type, le pays entend consolider sa place dans le paysage textile africain et renforcer ses exportations à forte valeur ajoutée.