La thématique qui sera abordée lors des échanges sera une occasion pour montrer l’importance de disposer des données technologiques et statistiques fiables pour la prise des décisions judicieuses, éclairées et transformatrices pour les pays. Elle mettra en lumière la nécessité d’exploiter le potentiel transformateur des données aussi bien par les dirigeants que par les citoyens pour répondre à des besoins en thème de gouvernance inclusive.
La célébration de cette édition entre en phase avec la dynamique de l’Union Africaine (UA) dont le thème s’articule autour de: « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine grâce aux réparations». Bien au-delà des simples mots, cette journée porte l’ambition de formater les politiques et d'asseoir des visions axées sur des données fiables, efficaces et durables, proches des réalités permettant aux Etats de mieux évaluer et planifier leurs actions.
Des données pour agir face aux défis du continent
L’édition 2025 s’inscrit dans un contexte où les pays africains font face à des défis sécuritaires, économiques, sociaux et environnementaux. De plus, la plupart des pays africains manquent encore de statistiques fiables sur des sujets essentiels comme la gouvernance, la paix, l’éducation, la santé et sur le plan alimentaire.
Selon le rapport annuel de Global Peace Index 2025, le continent africain compte trois des dix pays les moins pacifiques au monde. Des indicateurs qui interpellent et appellent à l’urgence d’action pour disposer de données précises afin d’agir pour l’amélioration des politiques publiques et suivre les progrès vers l’atteinte des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD).
Le Bénin, un modèle de rigueur statistique en Afrique
Dans ce contexte, le Bénin s’illustre parfaitement dans la sous-région à travers sa rigueur dans la publication des données. Ainsi, grâce aux outils performants dont s’est doté l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD), le pays publie régulièrement ses données sur l’économie, les prix, le marché du travail, la démographie, les échanges commerciaux ou le commerce extérieur et se positionne comme l’un des modèles en termes de modernité et de dynamisme du système statistique. Ses données sont accessibles au grand public, grâce à ses plateformes numériques et ses bases de données interactives disponibles en ligne qui renseignent sur l’évolution socio-économique et renforcent la transparence et la confiance citoyenne.
Le dernier Recensement Général de la Population et de l'Habitation (RGPH-5), en est la parfaite illustration. Une cartographie détaillée de la sphère socio-économique et démographique offrant une vue d’ensemble qui facilitera les prises de décisions et/ou planification en fonction des politiques locales. Dans la même dynamique, l’INStaD a intégré des solutions technologiques de pointe dans la collecte, le traitement et la diffusion des données. Désormais, les tablettes électroniques sont utilisées pour les enquêtes, l’exploitation des données géospatiales, la mise en place de systèmes d’information intégrés ainsi que la collaboration avec des partenaires internationaux pour faciliter le développement d’outils de visualisation de données.
Autant d’innovations qui renforcent la qualité statistique nationale. Ces avancées traduisent d’une part les efforts d’investissements et de formation des agents pour rendre souple tout le dispositif et la modernisation du système d’information des données et de la statistique. Mais d’autre part la volonté de ces acteurs à rendre accessibles les données pour une prise de décisions plus inclusives et équitables. Le gouvernement a d’ailleurs consolidé l’autonomie de l’INStaD en tant qu’autorité administrative indépendante, garantissant ainsi son impartialité et la fiabilité de ses publications.
Innovation statistique : Une dynamique continentale
Le Bénin n’est pas seul dans cette dynamique. Partout en Afrique, des initiatives à forts impacts émergent. Au Ghana, le service national des statistiques a opéré des choix de modernité sur ses enquêtes de gouvernance grâce à des entretiens téléphoniques assistés par ordinateur. De même, en Ouganda, le ministère de la Justice a révolutionné ses services en digitalisant ses systèmes administratifs pour arrimer les données sur la gouvernance.