Par Claudia Kenou
Le Gouvernement béninois franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement économique avec le lancement du Projet de développement des infrastructures agricoles et de désenclavement de la basse et moyenne vallée de l’Ouémé (Pdiad-Bmvo). Officiellement présenté le mercredi 12 février 2025 à Cotonou par le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, ce programme stratégique bénéficie du soutien financier de la Banque islamique de développement (Bid) et de la Banque ouest africaine de développement (Boad).
Pdiad-Bmvo. Ce projet, qui représente un investissement global de 144,8 millions d’euros (environ 95 milliards de francs Cfa), ambitionne de renforcer la compétitivité du secteur agricole béninois en modernisant ses infrastructures et en facilitant l’accès aux marchés. L’un des principaux axes du programme est l’aménagement de 2.155 hectares de terres irriguées, une avancée clé pour l’augmentation des rendements agricoles et la résilience face aux aléas climatiques. En complément, 120 km de pistes rurales seront construites, accompagnées de quatre ponts stratégiques pour fluidifier la circulation des marchandises et désenclaver les zones de production.
En effet, le financement du projet repose sur une contribution majeure de la Bid à hauteur de 100,6 millions d’euros (65,99 milliards de francs Cfa), complétée par un apport de 42,7 millions d’euros (28 milliards de francs Cfa) de la Boad et une participation de 1,5 million d’euros (983 millions de francs Cfa) du Gouvernement béninois. Ainsi, dans une logique d’optimisation des filières agricoles, le projet prévoit également la construction de 14 entrepôts, 28 aires de séchage et 14 hangars de marché afin d’améliorer le stockage et la conservation des récoltes. Les secteurs prioritaires ciblés sont le riz, le maïs, le poisson et le maraîchage, des filières à fort potentiel économique pour le Bénin. De plus, la mise en place de sept Postes d’eau autonomes (Pea) et l’acquisition d’équipements pré et post-récolte doivent permettre aux exploitants d’améliorer leur productivité tout en réduisant les pertes post-récolte.
Par ailleurs, sur le plan social et économique, les impacts attendus sont considérables. Le projet prévoit la création de 2.500 emplois directs et touchera environ 45.000 bénéficiaires directs et 10.000 indirects dans 18 villages situés dans les communes d’Adjohoun, Dangbo et Aguégués. En favorisant l’essor des activités agricoles et agro-industrielles, cette initiative vise à dynamiser les revenus des ménages ruraux et à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Lors du lancement du projet, Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche a insisté sur la nécessité d’une exécution efficace et rapide afin de maximiser les retombées économiques. Il a appelé l’ensemble des parties prenantes à un engagement total pour assurer le succès de cette initiative structurante. Le Maire de Dangbo, Maoudo Djossou, a également salué un projet « stratégique et porteur d’un réel impact économique » pour la vallée de l’Ouémé.
Avec le Pdiad-Bmvo, le Bénin pose ainsi les bases d’une transformation agricole et logistique d’envergure, confirmant sa volonté de moderniser son économie et d’accroître la compétitivité de ses filières agricoles sur le marché national et international.
Fortuné Dotin