
Photo de famille prise lors des Etats Généraux de l'Assurance à Cotonou au Bénin
Réunis à Cotonou jusqu'au 8 juillet, les États généraux de l'Assurance pour tous ambitionnent de faire de l'assurance inclusive un levier de développement économique et de résilience sociale. Organisée par la FANAF en partenariat avec l'Association des Sociétés d'Assurances du Bénin (ASA Bénin), cette rencontre doit aboutir à l'adoption d'un Pacte panafricain destiné à accélérer la protection des populations encore largement exclues des mécanismes classiques d'assurance.
Pendant trois jours, plus de 400 décideurs issus d'une vingtaine de pays africains, accompagnés de régulateurs, d'institutions financières internationales, de bailleurs de fonds et d'experts du secteur, se retrouvent à Cotonou pour définir une feuille de route commune en faveur d'une assurance plus accessible. Le choix du Bénin pour accueillir cette première édition illustre la volonté de faire émerger un cadre de coopération continentale autour d'un enjeu stratégique, celui du renforcement de la résilience économique des ménages et des entreprises face aux risques.
Pour Hervé Tchiakpè, président de l'ASA Bénin, ces assises dépassent le simple cadre d'une rencontre professionnelle. « Nous sommes tous ici des témoins et surtout des acteurs d'une inévitable mutation », a-t-il déclaré avant d'appeler les participants à « adopter le Pacte panafricain de l'assurance inclusive ». Le responsable de l'organisation professionnelle a également souligné que la désignation du Bénin pour accueillir ces États généraux traduit « la crédibilité » acquise par le marché béninois de l'assurance ainsi que sa capacité à organiser des rendez-vous continentaux d'envergure.
Faire de l'assurance un outil de développement
Au-delà de la symbolique, les organisateurs souhaitent replacer l'assurance au cœur des politiques de développement. Aujourd'hui encore, l'Afrique représente près de 19% de la population mondiale mais ne génère qu'environ 1% des primes d'assurance collectées dans le monde. Ce décalage traduit l'ampleur du potentiel de croissance du secteur, mais aussi la vulnérabilité persistante de millions de ménages, d'agriculteurs, de travailleurs du secteur informel et de petites entreprises qui restent sans protection face aux aléas économiques ou climatiques. (Etats Généraux de l'assurance pour tous)
Le président de la FANAF, Mamadou G. K. Koné, a illustré cette réalité à travers le récit d'Aïssatou, une commerçante ayant perdu en une nuit le fruit de plusieurs années de travail après un incendie, faute de couverture assurantielle. Derrière cette histoire, il a rappelé l'enjeu fondamental de ces États généraux : bâtir une assurance capable de protéger ceux qui en ont le plus besoin.
« Une croissance qui ne protège pas reste incomplète, et une inclusion financière qui ne protège pas reste encore incomplète », a-t-il affirmé, appelant les professionnels du secteur à transformer durablement leur approche afin de proposer des solutions plus simples, plus accessibles et adaptées aux réalités africaines.
L'ASA Bénin en première ligne
En accueillant ces États généraux aux côtés de la FANAF, l'ASA Bénin entend également positionner le marché béninois comme un acteur engagé dans la transformation de l'assurance africaine. Depuis plusieurs mois, l'association a mobilisé l'ensemble des compagnies membres pour préparer cette rencontre, avec l'ambition d'inscrire durablement le pays dans les grands débats continentaux sur l'inclusion financière et la gestion des risques.
Pour les professionnels réunis à Cotonou, le Pacte panafricain ne devra pas rester une déclaration d'intention. L'objectif affiché consiste à mobiliser les États, les régulateurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs privés autour d'engagements mesurables à l'horizon 2040 afin d'accélérer la pénétration de l'assurance sur le continent.
Le gouvernement béninois partage cette ambition. Ouvrant officiellement les travaux, Nicolas Yenoussi, ministre délégué chargé des Finances et de la Microfinance a rappelé que « l'assurance constitue un instrument stratégique de développement économique, de réduction de la pauvreté, de stabilité sociale et de sécurisation des investissements ». Il a souligné que l'assurance inclusive s'inscrit pleinement dans les priorités nationales en matière d'inclusion financière, de modernisation du secteur financier et de soutien au développement du secteur privé.
Des travaux attendus sur les solutions concrètes
Au-delà des discours d'ouverture, les États généraux doivent désormais entrer dans leur phase opérationnelle. Les ateliers programmés jusqu'au 8 juillet aborderont notamment l'assurance agricole et climatique, la micro-assurance santé, la protection des PME, la digitalisation, les nouveaux canaux de distribution, le financement du marché ainsi que les réformes réglementaires et fiscales nécessaires au développement de l'assurance inclusive. Les conclusions de ces travaux doivent déboucher sur l'adoption du Pacte panafricain de l'assurance inclusive, appelé à servir de feuille de route commune pour les marchés africains dans les prochaines années. (Etats Généraux de l'assurance pour tous)
CADRECO poursuivra la couverture de ces États généraux avec un focus sur les enseignements des ateliers et les engagements qui émergeront des échanges entre les acteurs du secteur, avant l'adoption du Pacte panafricain en clôture des travaux.




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