.jpg)
Corinne Amori Brunet, ministre béninoise des Affaires étrangères et son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe
La ministre béninoise des Affaires étrangères a reçu son homologue rwandais pour évoquer digitalisation et attractivité. Une rencontre qui interroge surtout l'écart entre les deux trajectoires numériques. Cotonou et Kigali affichent leur ambition commune. Mais derrière la formule de coopération Sud-Sud, c'est une asymétrie qui structure la relation. D'un côté, un pays pionnier de la gouvernance numérique africaine. De l'autre, un État qui cherche encore à consolider sa propre transformation digitale. La rencontre entre Corinne Amori Brunet, nommée ministre des Affaires étrangères du Bénin fin mai 2026, et Olivier Nduhungirehe marque le premier déplacement bilatéral significatif de la nouvelle diplomatie béninoise hors de son glacis régional immédiat. Le choix du Rwanda n'est pas anodin.
Kigali, dix ans d'avance assumée
Le Rwanda n'est pas un partenaire numérique comme un autre. Sa plateforme IremboGov, lancée en 2015, a traité plus de 25 millions de demandes pour environ 300 millions de dollars de transactions, générant l'équivalent de 100 millions d'heures de travail économisées. Le pays figure aujourd'hui au deuxième rang africain de l'indice Chandler de bonne gouvernance, derrière Maurice, et reste cité comme le pays à faible revenu le plus performant au monde sur ce critère. Cette avance n'est pas nouvelle pour les autorités béninoises. Dès 2016, le Bénin suivait déjà de près l'expérience d'Irembo, aux côtés du Ghana et de l'Ouganda.
Dix ans plus tard, cette observation se formalise enfin en partenariat institutionnel, alors que Kigali engage la deuxième phase de sa stratégie nationale de transformation, avec l'objectif de doter chaque citoyen d'un identifiant numérique unique d'ici 2030.
Une coopération qui tombe à un moment contraint
Le timing interroge. Le budget numérique béninois pour 2026 s'élève à 27,23 milliards de francs Cfa, en recul d'un peu plus de 6 % par rapport à 2025, conséquence directe d'une baisse de 12 % des financements extérieurs. Dans ce contexte resserré, l'expertise rwandaise – acquise à moindre coût relatif, le Rwanda affichant un PIB inférieur à celui du Bénin pour une administration en ligne pourtant plus avancée – devient une ressource stratégique low-cost pour Cotonou.L'enjeu dépasse la seule efficacité administrative. Pour les investisseurs et les bailleurs, la gouvernance numérique est devenue un critère d'attractivité à part entière, au même titre que la stabilité macroéconomique. En misant sur ce partenariat, Corinne Amori Brunet inscrit sa diplomatie dans la continuité du profil que lui prête déjà l'exécutif béninois : capter les réseaux d'influence et les bonnes pratiques pour servir une diplomatie économique offensive.
Reste à savoir si cette coopération technique se traduira par des engagements concrets – transferts de compétences, programmes conjoints, financements dédiés – ou si elle restera, comme d'autres rencontres avant elle, un jalon protocolaire sans suite mesurable.
-medium.jpg)

-medium.jpg)

-medium.jpg)
-medium.jpg)
-medium.jpg)


