
Réunion stratégique des représentants de l'Équipe Europe et Eurocham Togo avec le gouvernement togolais
Par Assou AFANGLO
Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d'attractivité économique. En lançant un dialogue permanent avec l'Équipe Europe et Eurocham Togo, le gouvernement entend renforcer la confiance des investisseurs, lever les contraintes pesant sur les entreprises et transformer davantage les investissements étrangers en moteur de croissance et d'industrialisation. Fin juin, la première session du Dialogue tripartite réunissant le gouvernement togolais, l'Équipe Europe et Eurocham Togo s'est tenue à Lomé sous la conduite de la ministre, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson.
La rencontre a également rassemblé le ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et de la Souveraineté économique, Arthur Lilas Trimua, l'ambassadeur de l'Union européenne au Togo, Gwilym Ceri Jones, ainsi que des représentants du secteur privé, des administrations publiques et des États membres de l'Union européenne. Au-delà de son caractère institutionnel, cette initiative traduit la volonté des différentes parties d'installer un cadre de concertation permanent destiné à identifier les freins à l'investissement, améliorer le climat des affaires et accompagner les entreprises européennes déjà présentes sur le marché togolais.
Faire de l'investissement un levier d'industrialisation
Le nouveau mécanisme de dialogue se réunira deux fois par an afin d'assurer un suivi régulier des engagements pris par les partenaires. Pour les autorités togolaises, cette concertation doit permettre de construire une relation plus prévisible avec les investisseurs tout en favorisant l'émergence de projets structurants dans des secteurs créateurs de valeur. L'objectif dépasse la simple augmentation des flux d'investissements étrangers. Le gouvernement souhaite que ces capitaux contribuent davantage au développement du tissu économique national à travers le renforcement du contenu local, le développement des compétences, une meilleure intégration des PME togolaises dans les chaînes de valeur et la création d'emplois durables.
Cette stratégie s'inscrit également dans la dynamique de la stratégie européenne Global Gateway, qui prévoit de mobiliser 150 milliards d'euros d'investissements en Afrique entre 2021 et 2027. Pour le Togo, cette initiative représente une opportunité de financer des infrastructures, de soutenir la transition énergétique et d'accompagner son ambition de devenir un hub logistique et industriel en Afrique de l'Ouest.
Le défi consiste désormais à transformer les réformes en investissements
À l'occasion de cette première session, Sandra Ablamba Johnson a estimé que les réformes engagées ces dernières années avaient permis de renforcer le cadre macroéconomique du pays, de moderniser l'administration et d'améliorer l'environnement des affaires grâce à la digitalisation des services publics, à la simplification des procédures administratives et aux réformes fiscales. Dans un contexte international marqué par le ralentissement de la croissance mondiale et le recul du multilatéralisme, la confiance des investisseurs repose désormais autant sur la stabilité réglementaire que sur la capacité des États à garantir un dialogue continu avec le secteur privé.
Selon une étude de l'Union européenne, près de 312 entreprises européennes, dont 46 filiales de grands groupes, sont implantées au Togo. Présentes dans les transports, la logistique, l'industrie manufacturière, l'énergie, le BTP, l'agroalimentaire, les services numériques ou encore l'hôtellerie, elles génèrent un chiffre d'affaires annuel estimé à plus de 800 milliards de francs Cfa et contribuent à plus de 9.000 emplois directs ainsi qu'à près de 25.000 emplois indirects.
Au-delà de la création de ce nouveau cadre de concertation, l'enjeu pour le Togo sera désormais de convertir cette coopération renforcée en investissements productifs, capables d'accélérer la transformation industrielle, de stimuler la compétitivité des entreprises locales et de soutenir durablement la croissance économique.
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