
Photo officielle prise lors de la 19ᵉ réunion de l'Initiative Afrique sur la transparence fiscale à Cotonou
Par Boris Mawuena
La ville de Cotonou a été l'hôte cette semaine de la 19ᵉ réunion de l'Initiative Afrique sur la transparence fiscale. Organisée par le Forum mondial sur la transparence et l'échange de renseignements à des fins fiscales de l'OCDE, en partenariat avec la Direction générale des Impôts du Bénin, cette rencontre est marquée par la présentation du rapport « Transparence fiscale en Afrique 2026 », coproduit avec le Forum sur l'administration fiscale africaine (ATAF).
Le document met en évidence les progrès réalisés par les administrations fiscales africaines dans la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale. Il révèle notamment que 25 pays africains ont identifié 417 millions d'euros, soit environ 273 milliards de francs Cfa, de recettes fiscales supplémentaires en 2025, grâce au recours à l'échange de renseignements entre administrations fiscales et aux programmes de divulgation volontaire associés.
Une coopération fiscale qui produit des résultats
À l'ouverture des travaux, le ministre délégué chargé des Finances et de la Microfinance, Nicolas Yénoussi, également coprésident de l'Initiative Afrique, a souligné que la transparence fiscale est devenue un outil indispensable pour renforcer la mobilisation des ressources intérieures. Il a salué les progrès accomplis par les pays africains tout en les invitant à poursuivre les réformes visant à moderniser leurs administrations fiscales. Le directeur général des Impôts du Bénin, Erick Maxime Akakpo-Djihountry, a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des administrations afin de mieux exploiter les mécanismes d'échange de renseignements et d'améliorer la collecte des recettes fiscales.
Plus de 3000 milliards de francs Cfa récupérés depuis 2009
Présentant les conclusions du rapport, Maria José Garde, cheffe du Secrétariat du Forum mondial, a indiqué que les pays africains ont identifié, depuis 2009, près de 4,6 milliards d'euros, soit environ 3.013 milliards de francs Cfa, de recettes fiscales supplémentaires grâce à l'échange de renseignements et aux programmes de divulgation volontaire associés. Selon elle, ces performances témoignent de l'adoption progressive des standards internationaux de transparence fiscale par les administrations africaines et de leur efficacité croissante dans la lutte contre l'évasion fiscale.
Le rapport montre également qu'en 2025, 25 pays africains ont utilisé l'échange de renseignements sur demande, contre seulement six en 2014. La Tunisie, le Cameroun, le Kenya, l'Ouganda et le Maroc concentrent à eux seuls près de 75% des demandes adressées à leurs partenaires, illustrant la montée en puissance de la coopération fiscale sur le continent.
L'échange automatique d'informations s'accélère
La mise en œuvre de la Norme commune de déclaration progresse également. Huit pays africains – Afrique du Sud, Ghana, Kenya, Maurice, Nigeria, Ouganda, Rwanda et Seychelles – échangeaient déjà automatiquement des informations financières en 2025, tandis que six autres, dont le Cameroun, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie, se préparent à intégrer le dispositif.
Grâce à ce système, les administrations fiscales ont reçu des informations concernant près de 3 millions de comptes financiers détenus à l'étranger, représentant environ 259 milliards d'euros, soit environ 169.893 milliards de francs Cfa, d'actifs. Ces données offrent de nouvelles possibilités pour renforcer les contrôles fiscaux, améliorer la conformité des contribuables et accroître les recettes publiques.
En parallèle, plusieurs pays travaillent déjà à la mise en œuvre du Cadre de déclaration des cryptoactifs, dont les premiers échanges automatiques sont attendus entre 2027 et 2028.
De nouvelles priorités pour les États africains
Pour les responsables réunis à Cotonou, la transparence fiscale est désormais un véritable levier de développement. Au-delà de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale, elle contribue à renforcer la confiance des contribuables et à offrir aux États des ressources supplémentaires pour financer les politiques publiques.
Les travaux de la 19ᵉ réunion de l'Initiative Afrique ont pris le 2 juillet 2026. Les échanges ont porté notamment sur la transparence des bénéficiaires effectifs, l'exploitation des données fiscales internationales, les programmes de divulgation volontaire ainsi que les défis liés aux cryptoactifs. Les conclusions attendues devraient permettre de définir les prochaines priorités régionales en matière de mobilisation des ressources intérieures et de coopération fiscale en Afrique.




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