
Image d’illustration: Vue aérienne de la statue de l'Amazone à Cotonou capitale économique du Bénin
Par Boris Mawuena
Le Bénin dispose désormais d’une nouvelle mesure de son économie. Le changement d’année de base des comptes nationaux porte le PIB 2023 à 14 020 milliards de francs Cfa, révélant une activité économique mieux captée par les statistiques nationales.
Une nouvelle photographie de l’économie béninoise
Le Produit intérieur brut (PIB) du Bénin change d’échelle. L’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD) a procédé à une révision des comptes nationaux qui porte la richesse créée en 2023 à 14 020,2 milliards de francs Cfa, contre une précédente estimation de 11 200,7 milliards de francs Cfa. Cette revalorisation de 25,2 % ne correspond pas à une création soudaine de richesse. Elle traduit une amélioration de la mesure statistique de l’économie béninoise, grâce à une meilleure prise en compte des activités productives, des investissements et des évolutions structurelles intervenues ces dernières années. Le changement intervient dans le cadre des recommandations du Système de comptabilité nationale (SCN 2008) des Nations unies, qui recommande aux États de revoir régulièrement leur année de référence afin d’adapter leurs statistiques aux transformations de leur économie.
Le précédent exercice reposait sur une année de base 2015. Les perturbations liées aux crises internationales entre 2019 et 2022 avaient toutefois retardé le processus. L’année 2023 a finalement été retenue comme nouvelle référence en raison de la disponibilité accrue des données économiques et d’un environnement jugé plus stable.
Une révision qui reflète les transformations économiques du pays
Le changement d’année de base permet notamment de mieux intégrer les secteurs qui ont pris davantage de poids dans l’économie béninoise au cours de la dernière décennie. Le secteur secondaire apparaît comme l’un des principaux contributeurs à cette réévaluation. Sa valeur ajoutée a été revue à la hausse de 56,1 %, traduisant une meilleure prise en compte des activités industrielles, de la construction et des investissements productifs. Du côté de la demande, la Formation brute de capital fixe (FBCF), qui mesure les investissements réalisés dans les infrastructures, les équipements et les capacités de production, progresse de 36,6 %.
Cette évolution confirme le rôle croissant de l’investissement public et privé dans la transformation économique du Bénin. Les grands projets d’infrastructures, les investissements industriels et les programmes de modernisation ont désormais un poids statistique plus visible dans la richesse nationale.
Un signal important pour les investisseurs et les institutions financières
La révision du PIB constitue également un enjeu de crédibilité économique. Des statistiques nationales plus précises permettent aux investisseurs, aux institutions financières et aux partenaires internationaux de mieux évaluer la taille réelle du marché béninois. Une économie dont le PIB est mieux mesuré peut également présenter des indicateurs économiques différents, notamment concernant le ratio dette/PIB ou le poids des recettes publiques dans l’économie. Le processus de rebasage a bénéficié de l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque africaine de développement (BAD), AFRISTAT, la coopération allemande (GIZ), STATAFRIC ainsi que les commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA.
L’INStaD prévoit désormais de rétropoler les comptes nationaux sur la période 1999-2022 afin de construire une série statistique homogène permettant une analyse plus fine de l’évolution économique du pays sur le long terme. Au-delà de l’ajustement statistique, cette réforme apporte donc un nouvel outil de lecture de l’économie béninoise. Elle permet de mieux mesurer la transformation engagée par le pays et de repositionner son poids économique dans la sous-région ouest-africaine.




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