Par Boris Mawuena
Cette seconde phase du Projet d’intégration numérique régionale en Afrique de l’Ouest (WARDIP), dotée d’un financement global de 137 millions de dollars, vise à consolider les fondations d’une économie numérique dynamique autour de trois axes majeurs : l’extension et la modernisation des infrastructures numériques, l’amélioration du climat des affaires et l’accompagnement des entreprises afin de favoriser leur expansion sur les marchés régionaux.
D’après l’institution financière internationale, cette nouvelle étape du programme devrait renforcer l’accès au haut débit, faciliter son financement et encourager son utilisation dans les pays concernés. Elle ambitionne également de favoriser le développement de services numériques transfrontaliers en Afrique de l’Ouest.
Au total, près de 5,2 millions de personnes devraient être connectées à l’internet haut débit, tandis que plus de 5,4 millions d’usagers supplémentaires auront accès à différents services numériques.
Pour Michel Rogy, directeur régional pour le numérique et l’intelligence artificielle au sein du Groupe de la Banque mondiale, cette initiative constitue un levier important pour la transformation économique de la région.
Selon lui, elle permettra d’accélérer la création d’emplois, de renforcer la résilience économique et de favoriser l’émergence d’un marché numérique régional mieux intégré. Il souligne par ailleurs que le projet s’attaque à un problème persistant dans la sous-région : le coût élevé et la faible fiabilité de la connectivité, deux facteurs qui freinent l’accès aux opportunités offertes par le numérique.
Le programme prévoit d’importants investissements dans les infrastructures numériques afin d’étendre les réseaux haut débit, d’améliorer la connectivité internationale et d’accroître les capacités des centres de données. Ces actions devraient favoriser l’essor de nouveaux métiers liés au numérique et améliorer la qualité des services publics et privés.
Parallèlement, une attention particulière sera accordée au développement du capital humain. Le projet prévoit la formation de 9.000 personnes aux compétences numériques, avec un accent sur l’inclusion des femmes et des jeunes. Les bénéficiaires pourront se spécialiser dans des domaines porteurs tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité ou encore l’entrepreneuriat numérique.
Pour sa part, Marina Wes, directrice par intérim de l’intégration régionale pour l’Afrique à la Banque mondiale, souligne que cette initiative contribuera également à harmoniser les cadres réglementaires et à moderniser la gouvernance numérique. Selon elle, ces réformes permettront de renforcer la concurrence sur les marchés régionaux et de créer un environnement plus attractif pour les investissements.
Le programme apportera aussi un appui à Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), notamment dans la mise en œuvre de réformes destinées à réduire les coûts de déploiement des infrastructures et à améliorer l’accès à une connectivité abordable et de qualité.
En outre, WARDIP2 vise à soutenir la croissance des entreprises et la création d’emplois en renforçant les écosystèmes de l’entrepreneuriat numérique. Le projet prévoit notamment le développement des services financiers numériques ainsi que l’appui aux petites et moyennes entreprises et aux startups à travers des financements de démarrage, un meilleur accès aux marchés et la promotion du commerce numérique transfrontalier. Plus de 140 startups numériques, dont plusieurs dirigées par des femmes, devraient bénéficier de ces mesures.
Le projet WARDIP en bref
Lancé en novembre 2023, le programme WARDIP ambitionne d’élargir l’accès à internet et de favoriser la mise en place d’un marché numérique intégré en Afrique de l’Ouest. Sa première phase (WARDIP1), mise en œuvre en collaboration avec Union africaine, Smart Africa et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), accompagne déjà la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau et la Mauritanie dans le renforcement de leurs capacités institutionnelles et l’élargissement de l’accès aux services numériques.
Cette première opération bénéficie déjà à environ 1,3 million de personnes, dont la moitié sont des femmes, et ouvre de nouvelles perspectives économiques et professionnelles.