Selon le rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de la Commission de l’Union africaine (CUA) intitulé « Dynamiques du développement en Afrique 2025 : Infrastructure, croissance et transformation », il faudra investir 36 milliards de dollars par an d’ici 2040 dans les câbles à fibres optiques afin d’accélérer la transformation productive du continent.
Cette enveloppe représente environ 23% du besoin annuel total d’investissement en infrastructures en Afrique, estimé à 155 milliards de dollars. Un tel volume reste toutefois inférieur aux besoins estimés pour les routes, évalués à 50 milliards de dollars, ainsi qu’aux voies ferrées, estimées à 38 milliards de dollars.
Le déficit en fibre optique sur le continent africain demeure le plus important au monde, faisant du continent la zone la plus difficile d’accès à l’internet haut débit. En 2024, le coût mensuel de l’Internet haut débit pour les utilisateurs de 18 pays africains s’élevait à 56 dollars contre 46 dollars en Amérique latine et Caraïbes et 17 dollars dans les pays en développement en Asie.
D’après le document publié fin novembre, cette situation s’explique principalement par le retard du continent, malgré les investissements publics et privés réalisés au cours de la dernière décennie. Si des avancées significatives ont été enregistrées dans le déploiement des infrastructures numériques, plusieurs défis persistent, notamment en matière d’accessibilité financière et d’extension de la couverture.
Contribution du secteur privé
Selon le rapport, la mobilisation des financements pour le numérique engage à la fois les gouvernements et le secteur privé. Dans cette course à la connectivité, les États africains devront s’appuyer davantage sur les investisseurs privés.
« Il s’agit d’un enjeu majeur, dans la mesure où les marges de manœuvre des pouvoirs publics sont limitées par des contraintes telles que le poids croissant de la dette souveraine », souligne le document.
Entre 2019 et 2023, les gouvernements africains ont consacré en moyenne sept fois plus de ressources au service de la dette qu’aux investissements en infrastructures. Dans 15 pays, les paiements d’intérêts ont même dépassé les montants investis dans l’ensemble des secteurs d’infrastructures.
La même source indique toutefois que le secteur privé joue déjà un rôle central dans le développement des infrastructures numériques. La mise en place d’un cadre réglementaire stable et incitatif pourrait renforcer davantage son engagement à moyen et long terme.
Sur la période 2016-2020, les investissements privés ont représenté 55% des engagements totaux dans les infrastructures numériques, contre seulement 1% dans le secteur de l’eau et 7% dans les transports, des domaines qui restent largement dépendants des financements publics et des bailleurs de fonds du développement.