Par Carlos DEGBE
L’insertion professionnelle demeure l’un des défis majeurs de l’économie ivoirienne, malgré une croissance soutenue. Dans un marché du travail marqué par une forte demande de compétences numériques, le gouvernement mise sur la formation technique pour répondre aux besoins des entreprises.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’annonce du ministre de l’Enseignement technique, Koffi N’Guessan, affirmant que plus de 80% des apprenants formés aux métiers des TIC devraient accéder à un emploi d’ici fin mars 2026.
Un programme structuré, financé et déjà partiellement efficace
L’annonce a été faite lors de la remise des certificats de qualification professionnelle à 128 bénéficiaires du programme École de la deuxième chance (E2C).
Selon le ministre, 40% des apprenants de la première cohorte sont déjà insérés dans des emplois en CDD, CDI ou consultance. Le secrétaire exécutif du FDFP, Philippe Kouakou, a précisé que 313 millions de francs Cfa ont été mobilisés pour financer le projet.
La première session de formation (novembre 2024-novembre 2025) a certifié 163 jeunes, principalement à Abidjan, dans sept métiers : développement d’applications, analyse de données, cybersécurité, infographie, web, community management et bureautique professionnelle.
Répondre à la demande croissante de compétences numériques
Le marché ivoirien, porté par la transition numérique, requiert des profils spécialisés que les entreprises peinent encore à trouver. En structurant des formations ciblées et professionnalisantes, le gouvernement aligne l’offre de compétences sur les besoins réels des organisations publiques et privées.
L’enjeu est également social : offrir une solution d’insertion aux jeunes peu ou pas qualifiés, dans un contexte où le secteur numérique devient un moteur d’emplois.
Une dynamique prometteuse à consolider
L’opportunité majeure est la forte employabilité des métiers numériques, combinée au soutien affiché du secteur privé. La collaboration annoncée avec la Chambre de commerce ouvre la voie à des parcours d’entrepreneuriat digital, à l’accès au financement et à l’intégration dans les chaînes de valeur TIC.
Le principal risque réside dans la capacité à maintenir un niveau de formation aligné sur l’évolution rapide des technologies, ainsi qu’à étendre le dispositif au-delà d’Abidjan pour éviter un déséquilibre territorial.
Créer un modèle national de formation-insertion numérique
Si les objectifs annoncés sont atteints, le programme E2C-TIC pourrait devenir une référence nationale pour l’insertion professionnelle dans les secteurs d’avenir. Sa réussite dépendra de la montée en échelle, de l’implication durable des entreprises et de la capacité du gouvernement à renforcer les passerelles formation-emploi dans l’économie numérique ivoirienne.