Par Claudia Kenou
La France intensifie son soutien aux start-up africaines en misant sur des outils d’investissement ciblés. En marge de VivaTech, en juin 2025, Proparco et Digital Africa ont annoncé le lancement de Choose Africa VC et Digital Africa Seed Fund, deux programmes conçus pour accompagner la montée en puissance des jeunes entreprises technologiques du continent. Dotés respectivement de 104 millions et 30 millions d’euros, ces dispositifs visent à structurer l’accès au capital sur l’ensemble du cycle de croissance, de l’amorçage aux phases d’expansion.
Piloté par Proparco, Choose Africa VC mobilise un capital de 104 millions d’euros sur une période de trois à cinq ans. Ce programme, soutenu par la France et la Commission européenne, cible les start-up africaines en phase seed à série B ainsi que les fonds de capital-risque actifs sur le continent. Il intègre également une enveloppe de 3,1 millions d’euros d’assistance technique pour accompagner les entreprises bénéficiaires, en soutien aux opérations d’investissement directes et indirectes. Proparco s’appuie ici sur une expérience significative. Plus de 200 start-up financées depuis 2018 dont une trentaine en capital direct. «Nous allons amplifier notre action en investissant plus de 100 M€ en capital dans les prochaines années […]. L’objectif est clair: aider les entreprises de la tech africaine à passer l’échelle», a expliqué Françoise Lombard, directrice générale de Proparco.
En parallèle, Digital Africa complète ce dispositif avec un nouveau fonds d’amorçage de 30 millions d’euros. Digital Africa Seed Fund vise une trentaine de start-up, en particulier dans les écosystèmes dits «frontières», encore peu couverts par les circuits de financement classiques. Le ticket moyen par entreprise s’élèvera à environ 300.000 euros. Pour Grégoire de Padirac, directeur général de Digital Africa, ce nouveau fonds vient répondre à un maillon faible souvent identifié: «Je suis heureux de voir ce nouveau fonds enfin compléter notre dispositif existant Fuzé et contribuer ainsi à faire émerger les futurs champions africains là où on les attend le moins», s'est-il réjoui.
Ces deux programmes s’inscrivent dans une démarche intégrée. Digital Africa intervient en amont, sur les phases d’initiation de projets et Proparco prend le relais à partir de la série A. En parallèle, l’AFD et Expertise France appuient la structuration des écosystèmes, le renforcement des compétences locales et la création d’un cadre propice à l’innovation. En articulant ainsi ses outils, la France ne se contente plus d’être un bailleur d’appoint. Elle construit un continuum robuste, calibré pour accompagner l’essor de la tech africaine dans la durée, tout en consolidant son positionnement comme partenaire crédible des transformations économiques du continent.
Fortuné Dotin