Par Claudia Kenou
La Journée de la PKI Nationale s'est déroulée le vendredi 13 juin 2025 à Cotonou. Officiellement lancée par le directeur général de l’Agence des Systèmes d'Information et du Numérique (ASIN), Marc-André Loko, cette journée a été marquée par une série de keynotes et de panels, visant à vulgariser les usages de la PKI nationale auprès du secteur privé et des citoyens.
À travers cette initiative, l’ASIN entend ouvrir un nouveau chapitre dans l’adoption des services de confiance électronique. «L’objectif est d’amener citoyens et entreprises à s’aligner sur la stratégie nationale, tout en exploitant pleinement les outils déjà disponibles», a indiqué Marc-André Loko. Les participants ont suivi plusieurs communications et panels dédiés aux usages concrets de la PKI. L’un des moments forts a été la keynote intitulée «La PKI nationale du Bénin: pilier de confiance numérique, des titres sécurisés et des transactions électroniques», qui a permis de rappeler que la PKI (Public Key Infrastructure) constitue une infrastructure technique et humaine essentielle pour garantir l’authenticité et la sécurité des actes numériques. «C’est un ensemble d’équipements, de processus et d’experts qui délivrent des services comme la signature électronique, le cachet électronique, l’archivage électronique ou encore l’authentification», a expliqué Ouanilo Medegan Fagla, directeur général du Centre National d’Investigation Numérique (CNIN).
Au-delà de l’aspect technique, l’impact de la PKI sur la transformation digitale de l’administration a été largement mis en avant. Ouanilo Medegan Fagla estime que grâce à ces services de confiance électronique, l’État peut désormais dématérialiser ses transactions avec la même garantie que si elles se faisaient physiquement. Les titres sécurisés comme la carte d’identité ou le passeport gagnent en fiabilité et en reconnaissance internationale, ce qui simplifie de nombreuses démarches pour les citoyens. Il a par ailleurs souligné que la fluidité administrative en bénéficie pleinement, citant l’exemple d’un directeur ou décideur qui peut continuer à signer ses documents même en déplacement.
Si l’administration publique tire déjà parti de cette infrastructure, la Journée de la PKI Nationale visait surtout à élargir l’usage au secteur privé. Banques, assurances, entreprises de toutes tailles peuvent s’approprier ces outils pour sécuriser leurs échanges, structurer leurs processus d’appel d’offres ou encore renforcer la confiance de leurs partenaires. «Nous voulons ouvrir l’écosystème et encourager chaque acteur à se qualifier comme prestataire de services de confiance électronique», a ajouté le directeur du CNIN. Des discussions spécifiques ont porté sur le cadre réglementaire applicable aux Prestataires de services de confiance électronique (Psce) et les étapes nécessaires pour leur qualification. À terme, la généralisation de la signature électronique et du cachet électronique devrait fluidifier des procédures comme la passation de marchés publics, dans un contexte où le e-procurement devient incontournable.
Brunelle Tchobo