Par Claudia Kenou
Le marché interbancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a enregistré une baisse importante des échanges en janvier 2025, débutant l’année dans un contexte marqué par un resserrement des conditions monétaires.
Selon le Bulletin mensuel des statistiques de la BCEAO, le volume moyen hebdomadaire des échanges a chuté de 22,9% passant de 827 milliards de francs Cfa en décembre 2024 à 637,3 milliards de francs Cfa en janvier 2025. Cette baisse reflète la prudence des banques face à une liquidité plus restreinte. Le taux d’intérêt moyen du marché interbancaire à une semaine, qui est utilisé comme référence, a légèrement baissé, s’établissant à 6,30% en janvier 2025 contre 6,34% en décembre 2024. Cette détente, bien que modeste, montre un ajustement des conditions de financement à court terme.
Les taux appliqués sur différentes maturités ont également varié : 6,12% à une journée ; 6,30% à une semaine ; 6,33% à deux semaines ; 6,17% à un mois ; 6,20% à trois mois et 5,78% à six mois. Ces fluctuations témoignent de la volatilité du marché, influencée par la politique monétaire et la liquidité disponible.
Réduction des crédits
Par ailleurs, le montant du refinancement accordé par la BCEAO aux banques a diminué de 4,5% passant de 9.444,5 milliards de francs Cfa en décembre 2024 à 9.022,2 milliards de francs Cfa en janvier 2025. Le taux moyen pondéré des adjudications hebdomadaires de liquidité est resté stable à 5,50% ; ce qui indique que la BCEAO tente de maintenir l’accès aux financements malgré la contraction des échanges. Le resserrement monétaire a également impacté le coût du crédit. Selon une enquête sur les conditions de la banque, les taux d’intérêt débiteurs ont légèrement baissé, passant de 6,82% en décembre à 6,81% en janvier 2025.
Cependant, le taux créditeur moyen des dépôts à terme a augmenté de deux points de base, atteignant 5,37% ; ce qui montre l’adaptation des banques à cette dynamique. Si cette tendance se maintient, elle pourrait limiter la capacité des banques à accorder des crédits, ce qui pourrait affecter le financement de l’économie. Les ajustements futurs de la politique monétaire, tels que des injections de liquidités ou des ajustements des taux directeurs, joueront un rôle crucial pour soutenir l’équilibre du marché et l’activité économique de la région.