Par Claudia Kenou
Les États membres de la CEDEAO ont adopté de nouvelles lignes directrices sur le traçage, la récupération et la gestion des avoirs. Une étape majeure vers une coopération régionale accrue contre la corruption et les flux financiers illicites.
Réunis le 14 octobre 2025 à Abuja, au Nigéria, dans le cadre de la 7ᵉ Assemblée générale annuelle du Réseau des Institutions Nationales de Lutte contre la Corruption en Afrique de l’Ouest (NACIWA), les États membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont franchi un pas décisif dans la lutte contre les flux financiers illicites. La rencontre, placée sous le thème «Une CEDEAO unie contre la corruption: renforcer la collaboration régionale pour la récupération des avoirs et l’échange d’informations», a débouché sur l’adoption officielle des lignes directrices régionales relatives au traçage, à la récupération et à la gestion des avoirs ainsi qu’aux enquêtes transfrontalières.
Une solidarité régionale renforcée
Dans son allocution d’ouverture, Damtien Tchintchibidja, vice-présidente de la Commission, représentant le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, a souligné l’urgence d’une coopération régionale effective et continue. Selon elle, «chaque ressource perdue à cause de la corruption prive les citoyens de services essentiels tels que l’éducation, la santé et les infrastructures». Cette déclaration met en lumière les impacts directs de la corruption sur le développement et la cohésion sociale dans la région ouest-africaine. La mise en place de mécanismes communs de traçage et de récupération des avoirs vise ainsi à rendre plus efficaces les actions nationales tout en favorisant la transparence et la reddition des comptes.
Un cadre juridique harmonisé pour plus d’efficacité
Les lignes directrices adoptées par la CEDEAO constituent désormais un outil de référence pour les pays membres dans la conduite d’enquêtes et la gestion des avoirs issus de la corruption. Elles visent à harmoniser les cadres juridiques et les pratiques nationales, à renforcer la coopération entre institutions et à faciliter l’échange d’informations au niveau régional. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des engagements pris par la CEDEAO pour une gouvernance plus transparente et une lutte coordonnée contre les flux financiers illicites, qui privent chaque année les États d’importantes ressources publiques.
Vers une gouvernance plus responsable
L’adoption de ces lignes directrices marque une étape importante dans l’agenda régional de lutte contre la corruption. Elle illustre la volonté politique des États membres de transformer les engagements en actions concrètes. En promouvant des instruments juridiques communs et une coopération interétatique renforcée, la CEDEAO entend consolider un environnement propice à la bonne gouvernance, à la transparence et à la justice économique dans l’espace communautaire.