Par Claudia Kenou
Alors que la corruption continue d’entraver le développement du continent, la Banque Africaine de Développement a choisi d’intensifier ses efforts. En juillet dernier, elle a conclu avec l’Unité des enquêtes spéciales sud-africaine, un accord destiné à renforcer la transparence et l’usage des fonds publics.
La Banque Africaine de Développement (BAD) et l’Unité des enquêtes spéciales d’Afrique du Sud (SIU) ont conclu, le 3 juillet à Pretoria, un accord qui institue un cadre de coopération dans la lutte contre la criminalité financière et la corruption. Signé par la directrice du Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption (PIAC) de la BAD, Paula Santos Da-Costa et par le responsable de la SIU, Andy Mothibi, le protocole met l’accent sur l’assistance technique, la recherche et des programmes conjoints de formation. Selon Paula Santos Da-Costa, ce partenariat vise à garantir que les ressources mobilisées servent effectivement les objectifs de développement. Rappelant les efforts de la SIU en matière de recouvrement d’avoirs, elle a souligné la possibilité d’échanges de pratiques entre les deux institutions. La directrice du PIAC a également mis en avant les évaluations d’intégrité menées sur les projets financés par la Banque, qui permettent d’anticiper les risques de fraude et de renforcer la transparence dans l’exécution des grands chantiers d’infrastructure.
De son côté, Andy Mothibi a salué la perspective d’une coopération renforcée pour améliorer l’utilisation des fonds publics et renforcer la redevabilité. Insistant sur l’importance d’une mise en œuvre effective à travers des plans de travail, il a souligné que cet accord coïncidait avec la présidence sud-africaine du G20 en 2025. Selon lui, ce contexte ouvre des perspectives de discussions élargies sur l’intégrité publique, la gestion et le recouvrement des avoirs, mais aussi sur des domaines connexes comme la lutte contre la corruption dans la gestion des frontières, l’immigration ou encore le secteur de la santé. Les deux parties se sont également accordées sur la nécessité de développer une coopération spécifique en matière de protection des lanceurs d’alerte, considérée comme une condition essentielle pour garantir l’efficacité des mécanismes de transparence et de reddition de comptes.
Fortuné Dotin