Par Claudia Kenou
La Banque africaine de développement (Bad) a lancé un nouveau Plan d’action triennal (2024-2026) pour lutter contre le blanchiment d’argent et les flux financiers illicites, des phénomènes qui ont des conséquences dramatiques pour l’économie du continent. Ce programme vise à renforcer les dispositifs de contrôle et de prévention afin de préserver les ressources économiques africaines, qui souffrent de pertes considérables dues à ces activités criminelles.
En effet, les flux financiers illicites représentent un fléau majeur pour les économies africaines, avec des pertes estimées à 90 milliards de dollars en 2020 contre 50 milliards cinq ans plus tôt. Ces sommes représentent 3,7% du Pib total du continent, soit presque l'équivalent des investissements et aides étrangères annuelles reçus par l’Afrique. Cette situation est particulièrement alarmante dans les pays sortant de crise ou disposant de ressources limitées, où ces pertes exacerbent la vulnérabilité économique et sociale.
Face à cette menace croissante, la BAD a décidé de passer à la vitesse supérieure avec ce Plan d’action 2024-2026, présenté lors d’un événement qui a réuni experts financiers et décideurs. Ce plan ambitionne de renforcer les capacités des pays africains dans la prévention et la répression des flux financiers illicites, en mettant l’accent sur la coopération avec les États membres et les partenaires internationaux.
Le Plan triennal prévoit plusieurs axes stratégiques. Le premier vise à améliorer les capacités institutionnelles et juridiques des pays afin de mieux identifier et sanctionner les activités illicites. Il cherche également à renforcer la transparence et la coopération entre les institutions financières africaines et les régulateurs internationaux, afin d’assurer un contrôle plus efficace des mouvements de capitaux. Un autre aspect clé est l’intégration des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle pour faciliter la détection rapide des transactions suspectes. Enfin, la sensibilisation et la formation des acteurs économiques et financiers seront des priorités pour instaurer une véritable culture de conformité sur tout le continent.
Ce Plan d’action marque une étape décisive dans la lutte contre la criminalité financière en Afrique, avec pour objectif de protéger les ressources économiques du continent, stabiliser les économies locales et promouvoir un développement durable. Pour la BAD, stopper l’hémorragie des flux financiers illicites est essentiel pour assurer la prospérité de l’Afrique. Toutefois, le succès de cette initiative dépendra de l'engagement des États à mettre en œuvre les mesures proposées et à établir des mécanismes de suivi rigoureux.