Par Claudia Kenou
Dans un contexte marqué par le recul de l’aide publique au développement et la redéfinition des priorités des grandes puissances, la Société Financière Internationale (SFI) ajuste sa stratégie en Afrique de l’Ouest. Son Directeur régional, Olivier Buyoya, a présenté cette nouvelle orientation dans un entretien accordé à l’Agence Ecofin.
La transformation des relations économiques mondiales, notamment les incertitudes autour de l’AGOA (préférence commerciale américaine pour les pays africains), met à mal la stabilité des financements traditionnels. Les financements concessionnels diminuent, mais la SFI continue d’agir grâce à son autonomie financière, reposant sur sa solide notation AAA et son accès aux marchés de capitaux. Pour Olivier Buyoya, cette situation pourrait représenter une opportunité: «C’est peut-être le bon moment pour accélérer l’intégration économique régionale», en misant sur la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) pour renforcer la résilience des économies ouest-africaines.
La technologie au service du développement
La SFI mise fortement sur les nouvelles technologies comme moteur de transformation. FinTech, AgriTech et HealthTech sont soutenues via des fonds dédiés pour pallier les limites structurelles de l’économie régionale. En agriculture, par exemple, le problème n’est pas l’accès à la terre ou à l’eau, mais le manque de productivité. Les outils numériques permettent d’optimiser les rendements et de renforcer l’approvisionnement des industries locales. Dans le secteur financier, les FinTech améliorent la circulation de l’argent et facilitent l’accès au crédit pour les PME, renforçant ainsi la compétitivité du tissu économique.
Face aux effets visibles du changement climatique en Afrique de l’Ouest (inondations, sécheresses, pertes agricoles), la SFI intègre la durabilité environnementale dans tous ses projets. L’institution privilégie les initiatives alignées avec ses standards en matière d’environnement et de responsabilité sociale. Les énergies renouvelables, notamment le solaire, sont au centre de cette stratégie. Elles permettent de réduire les coûts de production tout en rendant les chaînes industrielles plus propres et plus résilientes. Tous les projets sont soumis à des critères stricts: gestion des déchets, inclusion sociale, efficacité énergétique, etc. Dans un environnement où les financements publics se font rares, la SFI mise sur un triptyque stratégique: intégration régionale, innovation technologique et durabilité. L’objectif est clair: favoriser un développement autonome, compétitif et résilient, adapté aux nouveaux défis de l’Afrique de l’Ouest.