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Afrique de l’Ouest : Les fonds de garantie, leviers essentiels pour financer les PME

En Afrique de l’Ouest, l’accès au financement reste l’un des principaux obstacles pour les petites et moyennes entreprises (PME), freinant ainsi la croissance et l’innovation. Face à la frilosité des banques à octroyer des crédits productifs, les fonds de garantie apparaissent comme des instruments stratégiques. Ils partagent le risque de crédit avec les institutions financières et ouvrent de nouvelles perspectives pour le financement des projets.

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Afrique de l’Ouest : Les fonds de garantie, leviers essentiels pour financer les PME

En Afrique de l’Ouest, l’accès au financement reste l’un des principaux obstacles pour les petites et moyennes entreprises (PME), freinant ainsi la croissance et l’innovation. Face à la frilosité des banques à octroyer des crédits productifs, les fonds de garantie apparaissent comme des instruments stratégiques. Ils partagent le risque de crédit avec les institutions financières et ouvrent de nouvelles perspectives pour le financement des projets.

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Par Claudia Kenou

En Afrique de l’Ouest, l’accès au financement reste l’un des principaux obstacles pour les petites et moyennes entreprises (PME), freinant ainsi la croissance et l’innovation. Face à la frilosité des banques à octroyer des crédits productifs, les fonds de garantie apparaissent comme des instruments stratégiques. Ils partagent le risque de crédit avec les institutions financières et ouvrent de nouvelles perspectives pour le financement des projets.

«Le continent africain est potentiellement riche mais chroniquement sous-financé parce que les banques traditionnelles hésitent à financer les secteurs productifs», souligne Dr Nguéto Tiraïna Yambaye, directeur général du Fonds Africain de Garantie et de Coopération Économique (FAGACE). Même constat pour Jules Ngankam, directeur général du Groupe African Guarantee Fund (AGF), qui rappelle que, malgré leur importance, «les petites entreprises africaines rencontrent toujours des difficultés pour accéder au financement nécessaire à leur croissance».

Un système encore limité

La situation est aggravée par la faiblesse des cadres juridiques, la volatilité économique et l’absence de garanties solides. Selon la Banque mondiale (2024), les dépôts bancaires représentent moins de 20% du PIB dans plusieurs pays ouest-africains contre plus de 40% en Asie et en Amérique latine. Cette faible mobilisation de l’épargne réduit la capacité des banques à financer l’économie réelle.

Les apports des fonds de garantie

En partageant le risque, les fonds de garantie incitent les banques à financer davantage les PME. «Nos interventions sont à 80% destinées aux PME», explique Dr Yambaye, précisant que le FAGACE met en place des lignes de garantie et accompagne les porteurs de projets, notamment dans les secteurs agricoles souvent délaissés. Ces mécanismes réduisent les créances douteuses, améliorent la trésorerie des banques en cas d’impayés et favorisent la création d’emplois, l’inclusion financière et une croissance durable. Entre 2021 et 2024, le FAGACE basé au Bénin, a cumulé plus de 1.300 milliards de francs Cfa d’engagements, mobilisant plus de 4.000 milliards de francs Cfa au profit de divers projets.

L’AGF joue également un rôle clé. Pendant la pandémie de Covid-19, en partenariat avec l’USAID, il a mis en place un mécanisme de garanties de 160 millions de dollars, bénéficiant à près de 3.000 PME en Afrique de l’Ouest. Des accords, comme celui conclu avec Vista Bank, ont renforcé l’écosystème financier régional. De son côté, le Fonds de Solidarité Africain (FSA) diversifie ses outils à travers son plan stratégique New Frontier 2025. Son directeur général, Abdourahmane Diallo, insiste sur une approche globale couvrant toutes les étapes de vie des entreprises: création, extension, modernisation ou refinancement.

Des défis à surmonter

Malgré ces avancées, l’impact des fonds de garantie reste limité par plusieurs défis: faible bancarisation, manque d’information sur les mécanismes disponibles, exclusion des zones rurales et insuffisance des capacités institutionnelles. Selon la Banque mondiale (Global Findex 2025), 58% des adultes en Afrique subsaharienne disposaient d’un compte bancaire ou mobile money en 2024 contre 34% en 2014. Une progression notable, mais qui laisse encore près de la moitié de la population hors du système financier.

Vers un rôle structurant

Pour renforcer leur efficacité, les experts recommandent une meilleure coopération régionale entre fonds, une capitalisation accrue ainsi que des programmes de formation et de sensibilisation à destination des PME. En relevant ces défis, les fonds de garantie pourront pleinement jouer leur rôle de catalyseurs: partager le risque avec les banques, soutenir l’investissement productif et stimuler une croissance inclusive et durable en Afrique de l’Ouest.

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