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Avenir du franc Cfa : le débat ressurgit avec vivacité

L'ascension de Bassirou Diomaye Faye à la tête du Sénégal a ravivé les débats autour du franc Cfa. En effet, le successeur de Macky Sall entend sonner le glas du franc de la communauté financière africaine (FCFA) dans son pays, une promesse phare de sa campagne électorale. Parallèlement, les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, après leur départ de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour rejoindre l'Alliance des États du Sahel (AES), ont exprimé fin janvier leur volonté ferme de créer une monnaie commune. Ces initiatives conjointes réveillent le débat sur l'abolition du franc Cfa, monnaie héritée de la colonisation française en Afrique.

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Avenir du franc Cfa : le débat ressurgit avec vivacité

L'ascension de Bassirou Diomaye Faye à la tête du Sénégal a ravivé les débats autour du franc Cfa. En effet, le successeur de Macky Sall entend sonner le glas du franc de la communauté financière africaine (FCFA) dans son pays, une promesse phare de sa campagne électorale. Parallèlement, les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, après leur départ de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour rejoindre l'Alliance des États du Sahel (AES), ont exprimé fin janvier leur volonté ferme de créer une monnaie commune. Ces initiatives conjointes réveillent le débat sur l'abolition du franc Cfa, monnaie héritée de la colonisation française en Afrique.

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Par Claudia Kenou

L'ascension de Bassirou Diomaye Faye à la tête du Sénégal a ravivé les débats autour du franc Cfa. En effet, le successeur de Macky Sall entend sonner le glas du franc de la communauté financière africaine (FCFA) dans son pays, une promesse phare de sa campagne électorale. Parallèlement, les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, après leur départ de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour rejoindre l'Alliance des États du Sahel (AES), ont exprimé fin janvier leur volonté ferme de créer une monnaie commune. Ces initiatives conjointes réveillent le débat sur l'abolition du franc Cfa, monnaie héritée de la colonisation française en Afrique.

Pour mettre fin au franc Cfa, le nouveau président sénégalais privilégie la voie de la négociation. Bassirou Diomaye Faye prévoit ainsi d'instaurer des réformes au sein de la Cedeao et de l'Uemoa. Toutefois, en l'absence de progrès dans ces réformes, le président sénégalais, désormais considéré comme le champion du changement au Sénégal, a déclaré que son pays pourrait être contraint de quitter la Cedeao et l'Uemoa pour créer sa propre monnaie. Il convient de rappeler que le franc Cfa est la monnaie utilisée par les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), comprenant huit pays : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Un premier pas vers la disparition du franc Cfa avait été franchi en 2019 avec l'annonce de sa disparition imminente dans les pays d'Afrique de l'Ouest.

En collaboration avec Emmanuel Macron, le président ivoirien Alassane Ouattara avait annoncé le 21 décembre 2019 la fin prochaine du franc Cfa, qui serait remplacé par l'« Éco », nouvelle appellation de la monnaie commune. Ainsi, les huit pays de la zone franc en Afrique de l'Ouest couperaient les liens techniques avec le Trésor et la Banque de France pour gérer eux-mêmes cette monnaie, sans l'ingérence de la France, avait-il affirmé. Cependant, quatre ans plus tard, la situation reste inchangée. L'idée de créer l'Éco en est restée au stade du projet, le déploiement de cette nouvelle monnaie ayant été reporté à 2025, alors qu'il était prévu pour 2020.

Face au tollé que suscite la question de la disparition du franc Cfa depuis quelques semaines, le ministre français des Affaires étrangères a déclaré le 8 avril dernier que la France n’a pas à se prononcer sur l’avenir du franc Cfa. « Nous avons fait notre part du chemin en sortant de la gouvernance du Cfa. Maintenant, aux États africains de décider », a indiqué le chef de la diplomatie française, Stéphane Séjourné. À l'en croire, la France est prête à accompagner le mouvement. « Nous voulons bien accompagner ce mouvement. S’il s’agit uniquement du symbole du nom, il peut être changé. S’il s’agit d’une organisation différente de l’organisation monétaire, elle peut également être changée », a-t-il notifié.

Fin du franc Cfa : plus d'avantages que d'inconvénients ?

Pour Emilie Laffiteau, économiste spécialiste de l'Afrique Subsaharienne, le premier risque, c'est de ne pas pouvoir limiter convenablement l’inflation. « On voit qu’en cette période trouble, de fortes incertitudes, notamment depuis le Covid-19, la guerre en Ukraine, la hausse des taux d’intérêt au niveau international, il y a beaucoup d’inflation, notamment sur le continent. Or, les pays de la zone franc arrivent à avoir, et ce, depuis toujours, une inflation relativement limitée », a-t-elle analysé. Un argument que n'approuve pas l'économiste et sociologue Martial Ze Belinga qui a affirmé qu'« On voit bien que cette stabilité monétaire n’a pas conféré, en 80 ans, aux pays qui utilisent cette monnaie et cet espace monétaire, un avantage comparatif particulièrement flagrant en termes de niveau de développement, de croissance et même d’emploi ». Abondant dans le même sens que Martial Ze Belinga, l'économiste Kako Nubukpo a déclaré que la stabilité du franc Cfa est « du leurre ». Pour lui, « le franc Cfa est fixe par rapport à l'Euro, mais il bouge chaque seconde vis-à-vis de toutes les autres devises. [...] La seule différence, c'est que les fluctuations du franc Cfa vis-à-vis des autres devises ne dépendent pas de la conjoncture économique en Zone Euro ».

Des perspectives positives sont en vues avec la création d'une devise pour remplacer le franc Cfa a rassuré Martial Ze Belinga. « Il suffit juste de regarder autour des pays de la zone franc. Ce sont des pays qui n’ont pas le franc Cfa, mais qui ne se portent pas moins bien que les pays dits " francophones" ayant le franc CFA », a-t-il affirmé. Mieux, le franc Cfa serait une monnaie surévaluée qui empêche les pays qui l'utilisent d'être compétitifs, soutiennent des experts en économie.

Pour l'heure, la grosse interrogation est de savoir si le nouveau chef d'État Sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, qui prône le panafricanisme, va tendre la main aux trois États de l'AES pour mettre fin au franc Cfa. Si Bassirou Diamaye Faye et son gouvernement prenaient cette décision, l'Uemoa risque de sombrer économiquement, a expliqué l'économiste togolais Kako Nubukpo dans une interview.

Erwane OLIYIDÉ

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