Par Aguessy Materne
En Afrique, le phénomène de la dégradation des terres prend de l’ampleur. A l’occasion de la quinzième conférence des parties (Cop15) de l’Unccd, organisée à Abidjan du 09 au 20 mai 2022, le Fonds international de développement agricole a plaidé pour la restauration des terres et la sécurité alimentaire.
Le président du Fonds international de développement agricole (Fida) était l’une des têtes d'affiche de la Cop 15 à Abidjan début mai. A l’occasion, Gilbert Houngbo a lancé un appel à sauver la planète. « La pénurie de terres productives ne peut que conduire à un phénomène généralisé de pauvreté, de faim, de hausse des flux migratoires et d’instabilité », a-t-il alerté.
Pour lui, il est impérieux d'investir dans le renforcement et la transformation des filières alimentaires. « Il est urgent d’engager une transformation des filières alimentaires assurant leur durabilité. Nous devons investir beaucoup plus de moyens dans la restauration des écosystèmes et aider les petits exploitants, qui produisent un tiers des aliments à l’échelle mondiale, à adopter des pratiques qui garantiront la bonne santé et la productivité des terres, amélioreront leur résilience face aux changements climatiques, les aideront à gagner décemment leur vie et protégeront la sécurité alimentaire de tout un chacun », a déclaré ce Togolais qui gère l’institution onusienne depuis 2017 et qui s’apprête à prendre la tête de l’Oit en Octobre 2022. Pour lui, « l’Afrique doit augmenter sa production locale ».
Cet engagement du fonds se traduit par la recherche et la mise en œuvre, à grande échelle, de solutions pour l’amélioration des rendements et la protection de la biodiversité. En outre, il vient en réponse à l’échec des initiatives comme celle prise à la conférence de Paris sur le climat en 2015 et qui vise à mobiliser 100 milliards de dollars par an pour soutenir les pays du sud face aux conséquences du réchauffement climatique.
Grand soutien des projets verts en Afrique
Le Fida est très actif sur le continent à travers le financement de projets verts, la promotion de l’agroforesterie et l’appui aux petits exploitants agricoles.
En marge de la Cop15, l’institution s’est obligée à apporter 130 millions de dollars au projet « Héritage d’Abidjan ». Il s’agit d’un programme du gouvernement ivoirien qui vise à renforcer les cultures vivrières de subsistance et promeut une exploitation durable des forêts.
Par ailleurs, le Fida est un allié de premier plan du projet de “grande muraille verte” qui doit aider le sahel à faire face au grand défi de changement climatique. Il consiste, en effet, à reverdir une bande de 8000 km de long reliant la Côte Atlantique à la mer rouge. Dans une Afrique face aux grands challenges liés à l’agriculture, le Fida priorise les investissements et l’augmentation des financements.