Par Carlos DEGBE
La question du logement en Côte d’Ivoire s’inscrit dans une dynamique d’urbanisation accélérée, particulièrement à Abidjan, dont la population avoisine six millions d’habitants. Cette croissance démographique exerce une pression croissante sur le marché immobilier, caractérisé par un déséquilibre entre l’offre et la demande.
Dans ce contexte, les opérateurs économiques sont appelés à repenser leurs modèles pour répondre à des besoins variés, allant du logement économique aux biens de haut standing. L’enjeu dépasse la simple construction : il s’agit de structurer un marché encore en transition.
Initiatives privées et structuration progressive
Le groupe Nhood Côte d’Ivoire, filiale du groupe Auchan, a réuni le 25 mars 2026 à Abidjan des acteurs économiques et institutionnels pour réfléchir à des solutions durables. Présent dans le pays depuis 2002, le groupe s’appuie sur des partenariats stratégiques, notamment avec H&A Properties conclu en 2025.
Ses activités couvrent plusieurs segments : property management, transaction immobilière, asset management et project management. L’entreprise met également en avant des projets sécurisés, certifiés et respectueux de l’environnement.
Parmi les solutions envisagées, Nhood prévoit le lancement de projets d’appartements abordables à Grand-Bassam, ainsi que des programmes à vocation économique et sociale destinés à la classe moyenne.
Accès au logement et structuration du foncier
Le principal enjeu réside dans la capacité à répondre à une demande croissante tout en maîtrisant les contraintes foncières. La sélection de terrains, notamment en périphérie du Grand Abidjan ou en centre-ville, constitue un défi stratégique pour les promoteurs.
Le financement des projets immobiliers apparaît également comme un facteur déterminant. L’accès à des ressources financières adaptées conditionne la capacité des opérateurs à développer des programmes à grande échelle.
Par ailleurs, la question du facility management, c’est-à-dire la maintenance durable des bâtiments, devient centrale dans un marché en phase de professionnalisation.
Un secteur en recomposition progressive
Le secteur immobilier ivoirien reste exposé à plusieurs risques structurels. La pression foncière et l’insuffisance de l’offre peuvent accentuer les tensions sur les prix et limiter l’accès au logement pour une partie de la population.
Les difficultés persistantes en milieu rural, notamment en matière de sécurisation foncière, constituent également un facteur de complexité. Toutefois, les efforts de l’État en matière de modernisation du cadastre et de sécurisation des titres fonciers sont identifiés comme des avancées.
En parallèle, les opportunités sont significatives. La forte demande constitue un levier de croissance pour les opérateurs, tandis que les partenariats stratégiques favorisent la structuration du marché.
Efforts pour un marché immobilier plus structuré
L’évolution du secteur dépendra de la capacité des acteurs à concilier accessibilité, rentabilité et durabilité. Les projets de logements abordables et les programmes destinés à la classe moyenne pourraient contribuer à réduire le déficit en logements.
La structuration progressive du marché, appuyée par des initiatives privées et des réformes publiques, devrait renforcer la confiance des investisseurs et améliorer la qualité de l’offre. À terme, le développement du secteur immobilier pourrait devenir un levier important de croissance économique, en lien avec l’urbanisation et la transformation des villes ivoiriennes.