
Aboubakar Nacanabo, ministre burkinabé de l’Économie et des finances
Par Assou AFANGLO
La Diaspora bonds du Burkina Faso a été lancée début mai 2026. L’opération a permis de collecter 151,5 milliards de francs Cfa sur un objectif initial de 125 milliards. Au-delà de ce franc succès, une grande interrogation persiste : quels projets seront concrètement financés par l'épargne de la diaspora et des investisseurs de ce premier « Emprunt patriote »?
Au Ministère de l'économie et des finances, l'heure est à l'action. Ainsi, quatre conventions de financement d’un montant global de 85 milliards de francs Cfa ont été signées . Les fonds sont destinés à soutenir des projets industriels et miniers stratégiques. L’annonce a été faite ce lundi 6 juillet 2026.
La cérémonie de signature présidée par le ministre de l’Économie et des finances, Aboubakar Nacanabo, la cérémonie marque la concrétisation de cette initiative qui a permis de mobiliser 151,5 milliards de francs Cfa auprès des Burkinabè de l’intérieur et de la diaspora.
Les 4 projets phares ciblés
Tout d'abord, 15 milliards de francs Cfa iront dans le compte de CIM SAHEL, une société d'économie mixte à participation publique majoritaire dévoilée en conseil des ministres le 2 juillet. Elle est dotée d'un capital de 5 milliards de francs détenu à 60% par l'État et à 40% par des partenaires privés. Sa création vise à garantir la disponibilité du ciment sur toute l'étendue du territoire, casser la spéculation en imposant des coûts raisonnables et soutenir le rythme accéléré des chantiers d'infrastructures publics et privés.
Plus loin, 30 milliards de francs Cfa seront alloués à SN BRAFASO en vue de la construction d’une nouvelle unité industrielle à Bobo-Bobo-Dioulasso. L'entreprise mère basée à Komsilga sortie de 20 ans de léthargie pour être entièrement réhabilitée à hauteur de plus de 17 milliards de francs Cfa puis inaugurée en novembre 2025. Dotée d'une capacité de production annuelle de 600.000 hectolitres, elle produit actuellement les bières Brasfort et Brafaso.
À cela s’ajoutent 40 milliards de francs Cfa accordés à la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB) pour la relance des mines de Perkoa et de Taparko. Chaque mine bénéficie donc d'un financement de 20 milliards de francs Cfa pour son développement.
Perkoa est une mine de zinc située dans la province du Sanguié au Burkina Faso et ayant subi une interruption d'activités suite à de graves inondations souterraines d'avril 2022. Taparko comprenait une usine de traitement d'or, six carrières à ciel ouvert et un projet souterrain. En septembre 2025, le gouvernement burkinabé a retiré le permis d'exploitation à la société Taparko Mining SA en raison de litiges juridiques et du non-respect de ses engagements socio-économiques. l'État a décidé de reprendre le contrôle de cette mine pour accroître ses revenus publics.
Il faut noter que la Société de Participation Minière du Burkina Faso (SOPAMIB) qui reçoit les financements est une société d'État chargée de gérer les actifs miniers du pays. Elle détient à 100% des actifs clés comme Semafo Boungou SA et Wahgnion Gold Operations SA, et est financée pour relancer des sites stratégiques. La SOPAMIB est née dans un contexte où l'État burkinabè cherche à renforcer sa souveraineté et à maximiser les retombées économiques de l'industrie minière au profit des populations locales.
Ces investissements, selon le ministère des Finances, vont contribuer à stimuler la production nationale, créer des milliers d’emplois directs et indirects, renforcer le tissu industriel et accroître les recettes publiques. Une traduction concrète de la volonté des autorités à transformer l’épargne nationale en investissements productifs au service de la souveraineté économique du Burkina Faso.








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