Par Claudia Kenou
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) constate une amélioration notable de la situation budgétaire dans les pays de l’UEMOA au premier trimestre 2025. Dans son rapport sur la politique monétaire, elle révèle une baisse du déficit budgétaire global à 1.526,7 milliards FCFA contre 1.635,3 milliards un an plus tôt.
Cette performance est principalement portée par une forte progression des recettes fiscales, en hausse de 15,6%, atteignant 4.942,9 milliards de francs Cfa. Au total, les recettes budgétaires s’établissent à 5.568,0 milliards de francs Cfa à fin mars 2025. Cette croissance est attribuée à la solidité de l’activité économique et aux réformes fiscales engagées avec l’appui du FMI. Les dons extérieurs, eux, ont légèrement progressé à 109,7 milliards de francs Cfa (+1,5%). Les dépenses publiques, y compris les prêts nets, ont atteint 7.204,3 milliards de francs Cfa, en hausse de 8,8%. Cette évolution est liée à la poursuite des investissements (+9,3%), mais aussi à la progression des dépenses courantes (+8,2%): salaires, transferts sociaux et intérêts sur la dette. La masse salariale a été alourdie par de nouveaux recrutements et les intérêts de la dette ont bondi de 14,2%.
Un financement diversifié… mais à des coûts plus élevés
Pour financer le déficit, les États membres ont mobilisé 3.275,0 milliards de francs Cfa sur le marché régional de la dette, soit 1.264,4 milliards de plus que l’année précédente. Les bons du Trésor (principalement à 12 mois) ont représenté 56% de ces levées tandis que les obligations ont permis de réunir 1.441,5 milliards de francs Cfa. Toutefois, les taux d’intérêt ont augmenté (7,41% pour les bons et 7,47% pour les obligations), signe d’un durcissement des conditions de financement. Les partenaires internationaux ont aussi apporté leur appui. Le Niger a ainsi perçu 31,8 milliards de francs Cfa du FMI en janvier, dans le cadre de deux accords en cours. De leur côté, le Bénin et la Côte d’Ivoire ont levé ensemble 1.604,0 milliards de francs Cfa via des euro-obligations. À fin mars 2025, la dette publique totale des pays de l’UEMOA atteint 86.004,5 milliards de francs Cfa, en hausse de 2,4% depuis décembre 2024. Le ratio d’endettement s’élève à 59,0% du PIB, encore en dessous du seuil communautaire de 70%. Les premiers mois de 2025 confirment une trajectoire plus soutenable pour les finances publiques de l’UEMOA. Toutefois, la pression sur les dépenses courantes, le service de la dette et les incertitudes sur les marchés mondiaux obligent les États à poursuivre leurs efforts en matière de mobilisation de ressources internes et de rigueur budgétaire.