Par Assou AFANGLO
Le SEFA, un fonds spécial multidonateurs géré par l’institution panafricaine de développement, a obtenu de nouveaux engagements d’investissement. Ce financement est orienté vers le renforcement de la mise en œuvre de l’initiative « Mission 300 » et l'accélération de l’action climatique dans le secteur énergétique en Afrique.
L’Allemagne a promis 14 millions d’euros pour soutenir l’objectif d’accès universel à l’énergie du SEFA, et 30 millions d’euros pour son nouveau programme d’hydrogène vert, reflétant l’importance stratégique de ce secteur émergent pour la décarbonation et le développement industriel de l’Afrique. L’Italie a également annoncé une nouvelle contribution de cinq millions d’euros.
« Nous considérons la Banque africaine de développement, propriété de l’Afrique et dirigée par l’Afrique, comme un partenaire de premier plan pour libérer le potentiel d’une économie de l’hydrogène vert dans les pays africains. En travaillant ensemble, nous pouvons créer un modèle "gagnant-gagnant". Les pays partenaires bénéficient de nouvelles ressources énergétiques, d’un développement industriel, d’un transfert de technologie et de nouveaux emplois, tandis que l’Europe diversifie ses futures importations énergétiques », a déclaré Katharina Stasch, directrice générale de la politique climatique au ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement. Ce partenariat est perçu comme un point de basculement vers l’essor du marché de l’hydrogène vert.
Au cours des échanges, le directeur des affaires générales, programmes financiers et coopération internationale au ministère italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Roberto Amerise, a mis l'accent sur l'engagement du gouvernement italien envers l’Afrique, considérée comme une priorité pour les politiques nationales en matière d’énergie et de climat.
« Ces ressources, a-t-il précisé, réaffirment notre engagement collectif en faveur de l’avancement des objectifs stratégiques du Fonds pour l’énergie durable en Afrique et de l’accélération de la mise en œuvre de projets d’énergies renouvelables et d’accès à l’énergie en Afrique, moteurs du développement durable ». Le directeur du Groupe de la Banque pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, Daniel Schroth, qui moderait la session, a salué le soutien continu de partenaires comme la Norvège.
Aperçu sur la Mission 300
En effet, la Mission 300 est une initiative lancée par le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires. Il se concentre sur la fourniture de l’électricité propre à 300 millions de personnes sur un continent où 600 millions de personnes en sont privées.
L’initiative vise à accélérer l’électrification en Afrique subsaharienne en favorisant une transition vers des sources d’énergie plus propres et diversifiées. Elle ambitionne de répondre à la demande croissante, stimuler la croissance et créer des emplois.
Les investissements ciblent la production, la distribution, l’interconnexion régionale et les réformes du secteur, pour garantir une énergie fiable, de qualité et économiquement accessible.
En septembre 2025, 17 pays dont le Bénin, le Botswana, le Burundi, le Cameroun, les Comores, la République du Congo, l’Éthiopie, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Lesotho, le Mozambique, la Namibie, Sao Tomé-et-Principe, la Sierra Leone et le Togo se sont engagés à mettre en œuvre des réformes et des plans d’action en vue d’élargir l’accès à l’électricité dans le cadre de la « Mission 300 ».