Par Claudia Kenou
Entre 2022 et 2024, les entreprises publiques béninoises, notamment les sociétés d’État et les établissements publics, ont connu une amélioration significative de leurs performances financières. Portées par une gouvernance renforcée, des réformes structurelles et une meilleure discipline budgétaire, elles enregistrent une forte progression de leur chiffre d’affaires et de leurs résultats nets, selon les données de la Direction Générale des Participations de l’État et de la Dénationalisation (DGPED).
Le chiffre d’affaires cumulé des sociétés d’État est passé de 536,4 milliards de francs Cfa en 2022 à 704,1 milliards de francs Cfa en 2024, soit une croissance de 31,3%. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2025 avec des prévisions atteignant 754,5 milliards de francs Cfa, selon le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2026-2028. Du côté des établissements publics, le chiffre d’affaires a progressé de 162,0 milliards de francs Cfa à 211,1 milliards de francs Cfa, représentant une hausse de 30,3% sur la même période. Les prévisions pour 2025 indiquent une poursuite de cette progression, avec un objectif de 243,8 milliards de francs Cfa.
Résultats nets en forte hausse
Les résultats nets suivent la même tendance. Pour les sociétés d’État, ils sont passés de 61,4 milliards de francs Cfa en 2022 à 99,0 milliards de francs Cfa en 2024, soit une hausse de plus de 60%. Les projections pour 2025 annoncent 145,9 milliards de francs Cfa. Les établissements publics ont également amélioré leur rentabilité: 88,3 milliards de francs Cfa en 2022 contre 122,8 milliards de francs Cfa en 2024, avec une prévision de 123,7 milliards de francs Cfa pour 2025.
Contribution accrue au budget de l’État
Les sociétés d’État augmentent leur participation au financement public. En 2024, elles ont versé 12 milliards de francs Cfa au Trésor public contre 9,9 milliards de francs Cfa en 2022. La contribution des établissements publics reste modeste, autour de 1,2 milliard de francs Cfa par an.
Réformes structurelles et meilleure gouvernance
L’amélioration des performances repose sur plusieurs leviers: réformes structurelles, gouvernance renforcée, digitalisation, diversification des activités et réorganisation des directions techniques. Des entités naguère absentes des rapports officiels, comme la Société des dépôts pétroliers du Bénin (DPB-SA) ou la Société béninoise des infrastructures numériques (SBIN), sont désormais intégrées au suivi statistique. Le portefeuille des entreprises publiques comptait 155 entités au 31 décembre 2024 dont 25 sociétés d’État et 117 établissements publics. Le gouvernement a également procédé à des fusions et restructurations, avec la création de nouvelles agences comme l’ABRI (recherche et innovation) et l’ABPC (protection civile) et la liquidation de structures non performantes telles que la SOGEMA (gestion des marchés autonomes).
Subventions : Vers un ciblage plus stratégique
Les subventions d’investissement allouées aux sociétés d’État ont légèrement diminué, passant de 378,1 milliards de francs Cfa en 2022 à 364,0 milliards de francs Cfa en 2024, avec une prévision de 370,9 milliards de francs Cfa en 2025. Elles bénéficient principalement à des entreprises stratégiques comme la SBEE, la SONEB, le Port autonome de Cotonou (PAC) ou encore la SAB (Société des aéroports du Bénin). Pour les établissements publics, ces subventions sont restées stables autour de 50 milliards de francs Cfa, avec une prévision de 61,6 milliards de francs Cfa en 2025. Concernant les subventions d’exploitation, elles profitent majoritairement aux établissements publics, atteignant 88,4 milliards de francs Cfa en 2024, contre 32,1 milliards de francs Cfa pour les sociétés d’État. Ce soutien reflète leur rôle social dans des secteurs sensibles comme la santé, la justice, le numérique ou les transports.
Des défis à relever malgré les progrès
Malgré cette embellie, les entreprises publiques doivent encore améliorer leur productivité, réviser leur modèle économique et rationaliser leur gestion des ressources humaines. Une gouvernance rigoureuse et un accompagnement adapté restent essentiels pour renforcer leur contribution au développement économique national.