Par Claudia Kenou
D'après le Rapport économique 2025 sur l'Afrique de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, la performance budgétaire du continent devrait s’améliorer dans les années à venir, marquée par une réduction des déficits et un réajustement progressif des finances publiques. Parmi les pays africains, le Bénin se distingue par sa discipline budgétaire exemplaire, conforme aux normes internationales, ainsi que par sa stratégie efficace de gestion de la dette.
Après la pandémie de Covid-19, de nombreux pays africains ont fait face à une période budgétaire difficile, avec une dette publique élevée, des taux d'intérêt en hausse et des besoins croissants en dépenses sociales. En 2024, le déficit budgétaire moyen du continent est estimé à -5,0% du PIB, mais devrait progressivement s’améliorer pour atteindre -4,4% en 2025 et -3,9% en 2026, selon le rapport. Cette réduction des déficits est le résultat des mesures prises pour maîtriser les dépenses et augmenter les recettes internes.
Cependant, certains pays, notamment en Afrique du Nord, connaîtront une aggravation temporaire de leurs déficits en 2026, principalement en raison de l’augmentation des remboursements de dettes. En revanche, des régions comme l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale montrent une tendance à la stabilisation, grâce à une gestion budgétaire plus stricte. Le Bénin, en particulier, se distingue par sa discipline budgétaire. Aligné sur les normes de l'UEMOA et les recommandations des institutions financières internationales, le pays a adopté une gestion prudente de sa dette et une mobilisation efficace de ses ressources. Sa dette publique est restée sous contrôle, avec un ratio dette/PIB maintenu en dessous du seuil critique de 70% fixé par l’UEMOA. En 2024, il est estimé à environ 50%, selon les données du FMI, illustrant un excellent management gouvernemental.
Le gouvernement béninois a mis en place des réformes visant à renforcer la transparence budgétaire et à améliorer la collecte des recettes fiscales, notamment par la modernisation de l'administration fiscale et l’élargissement de l’assiette fiscale. De plus, le pays a adopté une politique budgétaire contracyclique pour réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs tout en soutenant les investissements dans des secteurs stratégiques tels que l’éducation, la santé et les infrastructures, tout en évitant une accumulation excessive de dettes.