Par Romaric TOKPE
Animée par des experts en finance durable, cette session, qui se déroule jusqu’au 7 novembre 2025, vise à renforcer les capacités des acteurs du secteur bancaire face aux enjeux climatiques et aux nouvelles exigences internationales. Elle a pour objectif de doter les cadres bancaires des outils nécessaires à l’intégration des principes Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans leurs pratiques professionnelles.
L’ouverture a été marquée par l’intervention de Vincent Arthur Floreani, représentant du Groupe de la Banque Mondiale. Il a rappelé que la protection du vivant et l’adaptation au changement climatique ne relèvent plus de la théorie. Selon lui, les réalités économiques du Bénin le démontrent déjà. «Près de trois quarts des entreprises sont affectées par les effets climatiques, alors qu’un quart seulement a pu financer des mesures d’adaptation». Une situation qui, a-t-il insisté, exprime à la fois l’urgence des besoins et l’ampleur des opportunités pour les institutions financières.
Alexis Louaké, directeur général de BGFI Bank et premier vice-président de l’APBEF, a pour sa part souligné l’importance stratégique des critères ESG, désormais considérés comme de véritables leviers de performance et de résilience. Saluant l’appui technique du Centre d’excellence et de la Société Financière Internationale (SFI), il a appelé les participants à devenir des acteurs moteurs dans la diffusion de ces pratiques au sein de leurs institutions. «Cette formation représente un moment charnière pour renforcer la crédibilité et la compétitivité du secteur bancaire béninois», a rappelé le directeur général.
Au nom du ministère de l’Économie et des Finances, Adidjatou Hassan Zanouvi a rappelé les avancées significatives du Bénin en matière de financement durable. Elle a cité l’émission du premier SDG Bond souverain africain en 2021, d’un montant de 500 millions d’euros, suivie en 2023 d’un SDG Loan innovant. Elle a également mis en avant les réformes en cours dont la finalisation de la taxonomie verte nationale et l’adoption du Green Financing Framework, destinées à orienter les investissements vers les secteurs prioritaires. Estimant que le secteur bancaire est désormais au cœur de la transition écologique, elle a encouragé les banques à développer des produits verts, à accompagner les PME dans leur adaptation et à renforcer leur capacité d’analyse des risques climatiques. Cette formation, a-t-elle affirmé, constitue une «opportunité stratégique» pour structurer une véritable communauté nationale de praticiens de la finance durable.
Dans une atmosphère studieuse, les participants entament quatre jours d’ateliers et d’études de cas. Une étape décisive vers un système financier béninois plus vert, plus responsable et résolument tourné vers l’avenir.