Par Claudia Kenou
La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a réalisé une performance financière exceptionnelle en 2024, avec un bénéfice net de 685,93 milliards de francs CFA, soit une hausse de 117% par rapport à l’année précédente. Ce résultat confirme le rôle stratégique de l’institution dans la stabilité économique de l’UEMOA.
Une croissance forte des actifs
Au 31 décembre 2024, le total des actifs de la BCEAO s’élevait à 32.712,69 milliards de francs Cfa, en progression de 21% sur un an. Cette dynamique s’explique par la hausse significative des avoirs en monnaies étrangères (+48% à 8.540,59 milliards) et des réserves d’or (+38% atteignant 2.531,80 milliards). Les créances sur les établissements de crédit ont également augmenté de 12%, pour un total de 9.436,37 milliards de francs Cfa. La Banque a généré un produit net bancaire de 896,66 milliards de francs Cfa, soit une progression de 66%. Cette performance repose notamment sur une hausse de 40% des produits d’intérêts, un gain de change net de 62,39 milliards et un prélèvement exceptionnel de 52,83 milliards sur la réserve de réévaluation des devises, destiné à amortir les effets de la volatilité des marchés des changes.
Capitaux propres et résultat global renforcés
Les capitaux propres de la BCEAO ont augmenté de 39% atteignant 4.963,02 milliards de francs Cfa, grâce à l’intégration du bénéfice net et à la valorisation d’actifs, notamment en or. Le résultat global, qui inclut les réévaluations d’actifs, s’élève à 1.560,63 milliards de francs Cfa, soit une hausse spectaculaire de 191%. Les flux de trésorerie nets liés à l’activité d’exploitation atteignent 3.162,52 milliards de francs Cfa, marquant un redressement notable. À la fin de l’exercice, la trésorerie totale de la Banque s’établit à 9.129,19 milliards contre 5.926,51 milliards fin 2023.
L’année 2024 a également vu le démarrage de l’application progressive des nouvelles normes IFRS S1 et S2, relatives à la durabilité et au climat. Bien qu’elles n’aient pas encore eu d’impact significatif sur les comptes, elles visent à renforcer la transparence sur les risques environnementaux.