Par Claudia Kenou
L’analyse des risques budgétaires associés à la dette publique constitue un enjeu crucial pour la soutenabilité des finances publiques du Bénin. Dans son Bulletin statistique de la dette publique publié en janvier 2025, la Caisse autonome de gestion de la dette (Cagd) s’est prêtée à cet exercice. Elle offre un cadre analytique reposant sur trois axes essentiels : la gestion des passifs conditionnels, l’analyse de viabilité de la dette publique et l’examen des indicateurs de coût et de risque du portefeuille de la dette publique. Un diagnostic crucial pour comprendre les défis financiers à venir.
La gestion des passifs conditionnels représente un enjeu majeur pour la stabilité budgétaire du Bénin. À fin du quatrième trimestre de l’année 2024 (T4 2024), la dette garantie par l'État ne représente que 0,2% du PIB. Mais cette dette, bien que faible en proportion, est intégrée dans le portefeuille de la dette publique et fait l’objet d’une surveillance constante dans le cadre de l’Analyse de viabilité de la dette (Avd). À ce jour, a indiqué le Bulletin, le Port autonome de Cotonou (Pac), bénéficiaire de la garantie de l’État, respecte scrupuleusement ses échéances sans solliciter ladite garantie. De plus, la dette bancaire des entreprises publiques non garantie par l’État, représentant 2,3% du PIB, est incluse dans l’Avd sous forme de scénarios de chocs liés aux passifs conditionnels. Un suivi rigoureux est assuré par le gouvernement à travers un dispositif de surveillance impliquant la Direction générale des participations de l’État et de la dénationalisation (Dgped) et la Caisse autonome de gestion de la dette (Cagd). Par ailleurs, les réformes engagées ces dernières années ont permis une gestion optimisée du portefeuille des entreprises publiques, renforçant ainsi la résilience budgétaire. Il est également important de noter que l’État prend en charge le service de la dette des prêts rétrocédés aux entreprises publiques avant d’en recouvrer les échéances. Une démarche qui assure un paiement systématique, évitant ainsi toute perturbation budgétaire majeure.
En outre, l’analyse de viabilité de la dette publique, réalisée en octobre 2024 par les services du ministère de l’Économie et des finances en collaboration avec le Fmi, confirme selon le Bulletin, la viabilité de la dette du Bénin. Il indique que les indicateurs d’endettement restent modérés, témoignant d’une gestion prudente et proactive de la dette publique. Cette dynamique conforte la trajectoire budgétaire du pays et réduit les risques de surendettement, un facteur clé pour maintenir la confiance des partenaires financiers et des investisseurs.
Enfin, les indicateurs de coût et de risque du portefeuille de la dette publique sont restés quasi stables tout au long de l’année 2024. Cette stabilité reflète une gestion efficace des engagements financiers du pays, évitant des variations abruptes susceptibles de fragiliser la soutenabilité budgétaire. La prudence dans la structuration de la dette, la diversification des sources de financement et l’optimisation des conditions d’emprunt permettent de contenir les coûts tout en limitant l’exposition aux risques financiers.
Ainsi, les mesures mises en place assurent une gestion rigoureuse et maîtrisée des risques budgétaires liés à la dette publique. Cette approche méthodique et anticipative garantit la stabilité des finances publiques et la capacité du Bénin à honorer ses engagements dans un cadre budgétaire soutenable.
Fortuné Dotin