Par Claudia Kenou
En 2024, les établissements de crédit et les institutions de microfinance (IMF) de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) ont renforcé leur rôle dans le financement de l’économie, selon le rapport annuel de la BCEAO. Les indicateurs sont globalement en hausse, bien que certains défis subsistent, notamment en matière de qualité des portefeuilles de crédit.
Le secteur de la microfinance a poursuivi sa dynamique d’inclusion financière en 2024. Le nombre de bénéficiaires des IMF a atteint 19,4 millions contre 18 millions en 2023. Les dépôts collectés se sont élevés à 2.476 milliards de francs Cfa, en hausse de 8,9% représentant 5,2% des dépôts totaux dans l’Union. Cependant, ces dépôts restent dominés par l’épargne à vue (plus de la moitié). L’origine des dépôts est répartie comme suit: Hommes: 47%; Femmes: 23,1% et Groupements: près de 30%. L’encours des crédits a progressé de 5,9% atteignant 2.710,6 milliards de francs Cfa soit 7,4% des crédits totaux de l’Union. Toutefois, la qualité des crédits se détériore: le taux brut de dégradation des portefeuilles a augmenté à 7,9% contre 6,9% en 2023, bien au-dessus de la norme de 3% recommandée.
Face à ces fragilités, la BCEAO met en œuvre la Stratégie régionale d’inclusion financière (SRIF). Des plans de redressement ont été lancés pour les IMF en difficulté, notamment au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Togo. Des actions similaires sont en cours dans les autres pays de l’Union, avec une attention particulière pour la Guinée-Bissau. Les établissements de crédit ont vu leurs ressources progresser de 9,6% pour atteindre 58.628,5 milliards de francs Cfa, soutenues par une hausse des dépôts de la clientèle (+7,2%) et une augmentation des fonds propres nets (+13,7%). Les dépôts représentent 81% des ressources, ce qui confirme la prédominance des banques de détail dans la région.
Les emplois bancaires ont atteint 64.379,5 milliards de francs Cfa, en hausse de 8,6%. Les crédits à la clientèle restent majoritaires (57,2% des emplois), bien qu’en légère baisse. Le portefeuille de titres, notamment les obligations souveraines, progresse de 11,7%. Malgré un déficit de liquidité persistant, celui-ci s’est légèrement réduit, passant de -5.782,3 à -5.751,0 milliards de francs Cfa. Pour ce qui est de la qualité des portefeuilles et de leur solvabilité, les signaux mitigés. La répartition des taux se présente comme suit: Taux brut de dégradation: en légère amélioration (8,5% contre 8,7% en 2023) - Taux net de dégradation: baisse à 3,3% - Ratio de solvabilité: stable à 13,7%, au-dessus du seuil réglementaire (11,5%), bien que 16% des établissements soient non conformes.