Par Brunelle TCHOBO
La Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank), basée au Caire, a célébré en 2025, la fin du mandat de son président, le professeur Benedict Oramah. Devant plus de 2.000 invités dont des chefs d’État, des dirigeants d’institutions africaines et caribéennes ainsi que des acteurs du secteur privé, la Banque a salué un leadership visionnaire qui a contribué à redéfinir la finance du commerce sur le continent.
En poste depuis septembre 2015, le professeur Oramah a multiplié par huit le bilan et les garanties d’Afreximbank, passés de 6 à près de 44 milliards de dollars en dix ans. Son action a reposé sur une conviction selon laquelle l’Afrique ne pourra atteindre son émancipation économique qu’en s’appuyant sur ses propres forces. C’est dans cet esprit qu’il a placé la promotion du commerce intra-africain et l’intégration économique au cœur de la stratégie de la Banque.
Sous son impulsion, Afreximbank a joué un rôle déterminant dans la mise en œuvre anticipée de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Le Système Panafricain de Paiement et de Règlement (PAPSS), devenu opérationnel dans 20 pays, permet désormais des échanges commerciaux transfrontaliers en monnaies locales. Le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, doté d’un milliard de dollars, aide les États à s’adapter au nouveau régime commercial continental.
Le mandat du professeur Oramah a également vu la création de la Foire commerciale intra-africaine, qui a généré plus de 170 milliards de dollars d’accords commerciaux et d’investissements en quatre éditions. L’Africa Trade Gateway, plateforme numérique dédiée à la levée des barrières informationnelles et les Centres du commerce africain ont renforcé les infrastructures de l’intégration économique.
Dans le domaine industriel, Afreximbank a accompagné la mise en place de zones économiques spéciales et de parcs industriels, favorisant la naissance de grandes industries africaines, à l’instar de la raffinerie et du complexe pétrochimique Dangote au Nigéria. La Banque a également soutenu l’harmonisation de quelque 500 normes dans les secteurs pharmaceutique, agricole, automobile et textile pour stimuler le commerce intra-africain.
L’engagement d’Afreximbank s’est aussi illustré en période de crise. Durant la pandémie de COVID-19, elle a mobilisé plus de 10 milliards de dollars pour soutenir les économies africaines et 2 milliards pour l’acquisition de vaccins destinés à l’Afrique et aux Caraïbes. Cette réactivité a renforcé la crédibilité de la Banque comme pilier de résilience économique sur le continent.
Le nouveau président, Dr George Elombi, a salué l’œuvre de son prédécesseur, le décrivant comme un dirigeant d’exception, «parmi les 0,8% dans le monde qui allient vision et capacité d’exécution». Il s’est engagé à consolider les acquis et à poursuivre la transformation structurelle entamée par le Professeur Oramah.
Au-delà des chiffres, le legs du président sortant réside dans la philosophie qu’il a imprimée à Afreximbank: faire de l’Afrique le moteur de son propre développement. En dix ans, il aura contribué à transformer des aspirations politiques en résultats tangibles, inscrivant durablement son nom dans l’histoire économique du continent.