Par Claudia Kenou
Depuis 2016, le gouvernement béninois, sous la houlette du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance dirigée par Véronique Tognifodé, a opéré une véritable révolution dans la gestion du microcrédit destiné aux populations vulnérables. Avec une moyenne annuelle de 12 milliards de francs CFA octroyés, le Bénin s'est hissé en tête des pays de l'UEMOA en matière d'inclusion financière.
Avant les réformes de 2016, le système de microcrédit au Bénin souffrait de nombreuses dérives. Les fonds étaient distribués de manière informelle, via des intermédiaires souvent peu fiables. Ce mode de gestion opaque entraînait des détournements de massifs de fonds. « Avant 2016, les décaissements ne parvenaient pas toujours aux bénéficiaires. Le microcrédit était politisé et servait davantage à organiser des réunions qu'à soutenir les plus démunis. Une part des crédits finissait même dans les frais d'uniformes pour des cérémonies de remerciements », a expliqué Véronique Tognifodé lors d'une présentation le 28 novembre 2024. Les audits menés ont révélé que plus de 80 milliards de francs CFA avaient été détournés ou perdus, mettant à mal la pérennité du programme. Pour mettre fin à ces dérives, le gouvernement a introduit en 2016 une série de réformes visant à assainir le secteur. La plus marquante d'entre elles est la numérisation complète du processus de distribution des crédits. Désormais, les fonds sont directement transférés sur les comptes Mobile Money des bénéficiaires, supprimant les intermédiaires et réduisant considérablement les risques de fraude.
Des résultats impressionnants
Entre 2016 et 2019, près de 600.000 microcrédits ont été octroyés, dont 500.000 en faveur des femmes, dans les 77 communes du Bénin. Le programme « Microcrédit Alafia », lancé en 2018, a permis d'améliorer encore davantage l'accès au financement. Les montants des crédits ont été augmentés, passant de 30.000 FCFA à 100.000 FCFA, tandis que le taux d'intérêt a été réduit à 4% sur une durée de six mois, contre 5% auparavant. Les frais de dossier ont également été abaissés à 400 FCFA contre 1.000 FCFA auparavant. Le programme ne se limite pas à l'octroi de crédits. Il s'accompagne d'un volet d'autonomisation des bénéficiaires, à travers l'établissement de cartes d'identité professionnelles (CIP) et des formations en éducation financière et numérique pour renforcer leurs compétences. Ces mesures visent à rendre les bénéficiaires plus autonomes et à maximiser l'impact des crédits sur leur quotidien.
Le Bénin, leader en inclusion financière
Grâce à ces réformes, le volume annuel des crédits est passé de 8,1 milliards de francs CFA avant 2016 à 12 milliards de francs CFA en moyenne. Le Bénin occupe désormais la première place au sein de l'UEMOA en matière d'inclusion financière, confirmant ainsi l'efficacité de ses politiques publiques en faveur des populations les plus vulnérables. Le programme « Microcrédit Alafia » illustre la volonté du gouvernement de faire du Bénin un modèle de développement inclusif, où chaque citoyen, quelle que soit sa condition, peut accéder aux outils financiers nécessaires pour améliorer sa situation économique.