Par Claudia Kenou
Dans le cadre de la loi de finances 2025, le gouvernement béninois a introduit une mesure visant à réduire l’utilisation des paiements en espèces dans les transactions commerciales. À partir du 1er janvier 2025, un droit de timbre de 1% sera appliqué sur tous les paiements en espèces supérieurs à 100.000 francs CFA, afin de promouvoir la bancarisation et de renforcer la transparence des transactions, tout en luttant contre la fraude fiscale.
Cette nouvelle taxe, collectée directement au moment de l’encaissement et reversée au Trésor public, a pour objectif d’encourager l’utilisation de moyens de paiement plus sécurisés et traçables. « Les paiements en espèces, bien qu’utiles dans certaines situations, sont souvent utilisés à des fins illicites. En sanctionnant leur usage excessif, nous voulons favoriser des modes de paiement plus sûrs et mieux contrôlables », a déclaré Nicolas Yenoussi, directeur général des Impôts (DGI). La mesure vise à réduire les risques associés à l’utilisation de l’argent liquide, qui échappe souvent à la surveillance de l’État. Bien que le pays ait déjà adopté une réglementation similaire en 2003, limitant les paiements en espèces à 100.000 francs CFA, la mesure n’a pas toujours été efficace en raison de l’absence de sanctions immédiates. En effet, une amende de 5% sur les paiements dépassant ce montant, prévue par la loi précédente, n’avait pas donné les résultats escomptés.
Avec cette réforme, le gouvernement remplace l’amende par un droit de timbre de 1%, collecté au moment de l’opération. Cette approche vise à rendre la législation plus efficace et à favoriser un respect immédiat des nouvelles règles. Nicolas Yenoussi précise que cette mesure sera plus dissuasive, car elle sera appliquée au moment du paiement, et non après un contrôle fiscal.
Le Bénin rejoint ainsi plusieurs autres pays de l’Uemoa, comme le Sénégal, qui ont déjà adopté des réglementations similaires pour encourager la bancarisation et la traçabilité des paiements. Ces pays ont observé les avantages de la bancarisation, tant en termes de transparence fiscale que de sécurité des transactions.
Cette nouvelle disposition permet de moderniser l’économie béninoise en facilitant les paiements électroniques, qu’il s’agisse de virements bancaires, de chèques ou de paiements mobiles. Ces méthodes laissent des traces, ce qui simplifie les enquêtes en cas de litiges ou de fraudes. « Cette mesure est un pas important dans la modernisation de notre économie et dans la lutte contre l’évasion fiscale », a conclu le directeur général des Impôts.