Par Carlos DEGBE
L'initiative vise à rapprocher milieu académique et secteur productif et à préparer une nouvelle génération de créateurs d’entreprises.
Dans un environnement marqué par la transformation numérique et l’essor de la 4ᵉ révolution industrielle, la Côte d’Ivoire cherche à renforcer son vivier d’entrepreneurs capables d’accompagner les mutations économiques.
C’est dans cette dynamique que la CGECI a organisé une édition spéciale de « la Conférence de l’Entrepreneur » à l’Université Polytechnique de Bingerville. L’objectif est clair : outiller les étudiants pour en faire des leaders économiques aptes à créer des PME et à contribuer à la compétitivité nationale.
Mobilisation structurée du Patronat
L’initiative est menée par la Commission promotion de l’entrepreneuriat national de la CGECI. Aïssatou Cissé Sèye, qui en assure la présidence, souligne la nécessité de créer un lien direct entre l’entreprise et l’université. L’édition a réuni plusieurs dirigeants d’entreprise, dont Jean-Philippe Lasne (LKM Digital), Florence Koné (Advantage) et Aïssatou Cissé Sèye (Pendis-CI).
Le fondateur de l’établissement d’accueil, Karamoko Abdoulaye, a salué la cohérence de cette démarche avec l’ambition académique de former des entrepreneurs orientés IA, numérique et robotique.
L’événement a également servi de cadre pour annoncer la création du « Club des entrepreneurs », un espace de rencontres et d’apprentissage destiné à exposer les étudiants aux réalités du secteur formel.
Insertion, compétences et rapprochement université-entreprise
L’enjeu principal de ce programme concerne l’amélioration de l’employabilité et de la capacité d’auto-emploi des jeunes. L’intervention des dirigeants met en avant trois leviers essentiels : la résilience, la maîtrise des objectifs et la compréhension des dynamiques sectorielles.
Pour la CGECI, ce dispositif vise à structurer des réseaux d’étudiants-entrepreneurs, à renforcer la confiance et à encourager l’innovation dans des secteurs stratégiques comme le numérique, le BTP ou la santé.
Structurer l’accompagnement, éviter les illusions
La CGECI met en garde contre les « illusions des réseaux sociaux », qui véhiculent une vision simplifiée de l’entrepreneuriat. Le risque majeur réside dans une préparation insuffisante des étudiants et une méconnaissance des réalités du marché.
À l’inverse, l’initiative ouvre des opportunités : immersion professionnelle, mentorat, création de réseaux, et évaluation de projets jugés « bancables » pour d’éventuels stages ou accompagnements.
Vers une génération d’entrepreneurs mieux préparés
La création du « Club des entrepreneurs » pourrait devenir un levier d’apprentissage continu pour les étudiants. Les rencontres régulières entre Patronat et universités peuvent favoriser une meilleure compréhension des besoins réels des entreprises et stimuler la création de PME structurées.
Si le dispositif se consolide, il pourrait contribuer à renforcer l’écosystème entrepreneurial ivoirien et appuyer la stratégie nationale d’innovation et d’industrialisation.