Par Boris Mawuena
La rencontre, ouverte par Joseph Ahissou, représentant du ministre béninois des Transports, vise à valider un document clé portant sur les indicateurs de facilitation du commerce et du transport le long de cet axe stratégique.
Tenu durant deux jours, cet atelier a pour objectif de présenter et d’approuver les résultats issus de la collecte de données, d’harmoniser la compréhension des indicateurs et de formuler des recommandations concrètes en vue d’améliorer la fluidité et la compétitivité du corridor.
Les données recueillies mettent en évidence des difficultés persistantes : délais de traversée variant entre 2 et 47 heures, présence d’environ 41 postes de contrôle routiers, forte incidence des paiements informels, ainsi qu’un recours limité aux mécanismes de plainte.
Ces constats illustrent les obstacles qui continuent de freiner la libre circulation. Dressant cet état des lieux, Hortense Mé, secrétaire exécutive de l’OCAL, a rappelé l’importance stratégique du corridor Abidjan-Lagos, véritable colonne vertébrale des échanges en Afrique de l’Ouest.
Reliant cinq pays, cet axe constitue un levier majeur pour l’intégration économique et le développement régional. Elle a toutefois regretté la persistance de contraintes telles que les lenteurs aux frontières, la multiplicité des contrôles et les nombreuses entraves qui impactent directement les conditions de vie des populations.
Face à ces défis, plusieurs pistes d’amélioration ont été proposées. Elles portent notamment sur le renforcement de la coordination des services frontaliers, l’harmonisation des horaires, la digitalisation des procédures, la réduction du nombre de contrôles et de barrages routiers, ainsi que l’amélioration des conditions de travail et des services essentiels. Le renforcement des mécanismes de transparence et de gestion des plaintes figure également parmi les priorités.
Intervenant à cette occasion, Linda Darate, représentante de la Commission de la CEDEAO, a souligné que la fluidité du corridor s’inscrit pleinement dans les ambitions de la Vision 2050 de l’organisation, notamment son pilier consacré à l’intégration régionale. Selon elle, cette rencontre offre un cadre propice pour évaluer la qualité et la fiabilité des données collectées, lesquelles serviront de base au dialogue avec les États membres en vue de lever les obstacles à la compétitivité du corridor.
Au nom du ministre des Transports, Joseph Ahissou a exhorté les participants à examiner avec rigueur les résultats présentés, en appréciant leur cohérence et leur pertinence à la lumière des réalités de terrain. Il s’est dit confiant quant à l’aboutissement des travaux, qui devraient déboucher sur un rapport consolidé et une feuille de route claire pour améliorer durablement les performances du corridor.