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Sommet régional sur le numérique : La Déclaration de Cotonou engage l’Afrique de l’Ouest et du Centre dans une transformation profonde d’ici 2030

Le Sommet régional sur la transformation numérique, organisé par le Bénin et la Banque mondiale, s’est achevé le 18 novembre 2025 à Cotonou. Les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre y ont adopté la Déclaration de Cotonou, qui fixe un agenda ambitieux pour structurer un marché numérique intégré et accélérer l’essor de l’intelligence artificielle d’ici 2030.

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Sommet régional sur le numérique : La Déclaration de Cotonou engage l’Afrique de l’Ouest et du Centre dans une transformation profonde d’ici 2030

Le Sommet régional sur la transformation numérique, organisé par le Bénin et la Banque mondiale, s’est achevé le 18 novembre 2025 à Cotonou. Les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre y ont adopté la Déclaration de Cotonou, qui fixe un agenda ambitieux pour structurer un marché numérique intégré et accélérer l’essor de l’intelligence artificielle d’ici 2030.

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Par Fortuné DOTIN

Réunis à Cotonou les 17 et 18 novembre, les ministres en charge du numérique d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont adopté une Déclaration qui constitue désormais la feuille de route régionale de la transformation digitale. Fruit de deux jours de travaux menés avec la Banque mondiale, ce texte pose les bases d’un marché numérique africain fondé sur la connectivité, l’interopérabilité et la confiance, tout en définissant des objectifs mesurables à l’horizon 2028 et 2030.

L’ambition est manifeste : porter l’accès haut débit fiable et abordable à 95% de la population, étendre la couverture à 90% dès 2028 et réduire significativement le coût des données. La stratégie mise sur des infrastructures transfrontalières robustes, l’accélération des technologies 4G et 5G, ainsi que la création d’unités régionales d’assemblage pour réduire la dépendance extérieure. En filigrane, les États veulent rompre avec une fragmentation technologique qui freine la compétitivité régionale.

Les services publics numériques constituent un second pilier. La Déclaration prévoit une identité numérique sécurisée pour la moitié des citoyens d’ici 2028, l’interopérabilité des paiements dans quinze pays et la dématérialisation progressive des procédures douanières et administratives. Le commerce électronique intra-africain est appelé à doubler, soutenu par des cadres harmonisés en matière de cybersécurité, de protection des données et de gouvernance de l’intelligence artificielle. L’enjeu est de créer un environnement de confiance apte à stimuler l’investissement et les échanges.

La dimension humaine occupe une place centrale, avec l’engagement de former 20 millions de personnes aux compétences numériques de base et de créer deux millions d’emplois destinés en priorité aux jeunes, aux femmes et aux personnes en situation de handicap. Trois centres régionaux d’excellence en IA devront voir le jour d’ici 2028, tandis que 200.000 professionnels seront formés en cybersécurité et dans les technologies avancées. Ces initiatives doivent renforcer un vivier de talents africains capable d’alimenter une économie numérique compétitive et innovante.

Dans ce contexte, Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Plan et du Développement du Bénin, a rappelé que « le numérique est devenu un accélérateur majeur de productivité, un levier de compétitivité, un espace infini d’innovation », soulignant que l’Afrique « devient créatrice, innovante et influente dans l’économie numérique mondiale ». Le Bénin, dit-il, a « fait du numérique un pilier central de sa transformation économique ».

Pour Aurelie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation du Bénin, la réussite de cette ambition repose sur une coalition large : « Le numérique n’est plus un choix, c’est une obligation économique, sociale et stratégique. Mais aucune stratégie ne prospère sans une vision partagée et une alliance forte entre États, secteur privé, société civile et jeunesse ». Cette synergie constitue, selon elle, « l’infrastructure invisible » qui rend possible une transformation durable.

Sur le plan institutionnel, la Déclaration insiste sur la nécessité de cadres réglementaires prévisibles et attractifs pour mobiliser davantage de capitaux privés. Un Mécanisme régional de financement de la transformation numérique est annoncé afin de coordonner les investissements, soutenir les réformes et renforcer les capacités techniques des États. Un tableau de bord régional, un rapport annuel et un forum numérique annuel devront assurer transparence et redevabilité, tout en maintenant la pression politique sur les engagements pris.

La Banque mondiale appelle de son côté à une coordination accrue. Pour Ousmane Diagana, vice-président du Groupe pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, « la réussite de la Déclaration de Cotonou dépend de la capacité à aligner et canaliser efficacement les ressources, et à mieux communiquer les progrès obtenus pour attirer davantage d’investissements ». Les Pactes numériques nationaux attendus devront, selon lui, « permettre un meilleur ciblage des financements publics et privés et galvaniser le leadership politique ».

La question de l’intelligence artificielle occupe enfin une place déterminante dans la vision régionale. Sangbu Kim, vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour le numérique et l’IA, a averti : « Nous sommes à un moment critique. L’ère de l’intelligence artificielle ne nous attend pas. Les choix des pays aujourd’hui détermineront qui bénéficiera de cette transformation ». L’objectif, dit-il, est de contribuer à « façonner un avenir où l’Afrique sera en tête de l’innovation numérique, de l’inclusion et de la création d’emplois ».

Ce sommet s’inscrit dans la dynamique continentale visant à bâtir un marché numérique africain unifié afin de capter les opportunités nées de la montée en puissance des technologies avancées. Avec la Déclaration de Cotonou, les États signataires entendent convertir un potentiel encore dispersé en un projet économique cohérent, susceptible de générer investissements, productivité et emplois.

La concrétisation de ces engagements reste toutefois le véritable défi. Les Pactes numériques nationaux attendus d’ici 2028 seront un test crucial pour mesurer la capacité des États à traduire leurs ambitions en réformes effectives et en investissements massifs. Pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, il ne s’agit pas seulement de modernisation technologique : c’est un positionnement stratégique dans la compétition mondiale de l’économie numérique.

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