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Lancement de la 2e édition du SIMA : La culture africaine cherche son modèle de rentabilité

Cotonou s’est transformée jeudi 13 novembre 2025 en capitale culturelle panafricaine avec le lancement officiel de la deuxième édition du Salon des Industries Musicales d’Afrique (SIMA). Réunissant plus de 4 000 participants venus d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs, l’événement se veut une plateforme centrale pour structurer, financer et professionnaliser la musique francophone africaine.

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Lancement de la 2e édition du SIMA : La culture africaine cherche son modèle de rentabilité

Cotonou s’est transformée jeudi 13 novembre 2025 en capitale culturelle panafricaine avec le lancement officiel de la deuxième édition du Salon des Industries Musicales d’Afrique (SIMA). Réunissant plus de 4 000 participants venus d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs, l’événement se veut une plateforme centrale pour structurer, financer et professionnaliser la musique francophone africaine.

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Par Fortuné DOTIN

Placée sous le thème « Faire rayonner et financer les musiques d’Afrique francophone : du potentiel aux épreuves », cette deuxième édition ambitionne de transformer la musique africaine en un secteur économiquement viable. Trois jours d’ateliers, de conférences, de masterclass et de showcases permettront de renforcer la chaîne de valeur, la formation des talents et l’accès aux financements.

Pour le maire de Cotonou, Luc Atrokpo, la tenue du SIMA illustre la volonté de la ville de faire de la culture un moteur concret de développement social et économique. « Notre ambition repose sur une vision durable, une culture porteuse d’identité, de dignité et de prospérité », a-t-il affirmé, soulignant le rôle central de la ville comme carrefour culturel et artistique. Selon lui, la culture ne se limite pas à l’expression artistique, mais elle façonne l’identité collective, valorise la diversité et inspire la jeunesse à bâtir un avenir plus créatif et solidaire. Accueillir le SIMA, c’est fournir aux artistes et producteurs les conditions nécessaires à l’innovation et à la professionnalisation.

Lionel Talon, parrain de l’édition, a rappelé le rôle unique du SIMA, qui place les acteurs au cœur de la réflexion et de la stratégie. « Le SIMA se distingue des nombreux salons ou forums qui parlent des artistes sans eux. Ici, les acteurs de la musique sont au centre. Ils sont écoutés, valorisés, intégrés à la réflexion. C’est cette inclusion qui fait du SIMA une véritable plateforme d’échanges, où se rencontrent créateurs, producteurs, diffuseurs et investisseurs », a-t-il insisté. Pour lui, la rencontre entre créateurs et professionnels capables de commercialiser et d’exporter la musique est essentielle pour transformer le potentiel artistique en valeur économique concrète. L’inclusion et la formation des jeunes artistes, poursuit-il, sont au cœur de la mission du SIMA, qui vise à leur permettre de comprendre les métiers, d’échanger avec des experts et de bâtir des carrières solides.

Par ailleurs, Mamby Diomandé, commissaire général du SIMA a placé cette édition dans une perspective continentale, en soulignant le potentiel économique encore sous-exploité de la musique africaine. « La musique fait vivre les cœurs, mais ne fait pas toujours vivre ceux qui la créent », a-t-il rappelé. Selon lui, l’Afrique francophone reste très en retrait dans l’investissement culturel, avec seulement 0,1 % de capital d’investissement dédié aux industries créatives, contre 1 % dans les économies développées. Cette situation contraste avec l’expansion mondiale du secteur, dont les revenus ont atteint 29 milliards de dollars en 2024, et avec la croissance régionale, où les revenus de la musique enregistrée ont progressé de près de 30 %. Le commissaire général a appelé à la protection de la propriété intellectuelle, à la structuration des métiers et à une meilleure compréhension du langage des investisseurs pour transformer le potentiel artistique en véritable levier économique, capable de créer emplois et valeur ajoutée.

La présentation de données chiffrées a souligné l’ampleur du défi et de l’opportunité. Avec un marché mondial du streaming en forte expansion et une Afrique subsaharienne qui pèse encore seulement 0,6 % du marché, il est urgent de structurer le secteur pour capter sa valeur. L’investissement d’Afreximbank, qui a annoncé en 2024 plus de 540 millions de dollars dans les industries culturelles et créatives, illustre la faisabilité de cette ambition. Selon Mamby Diomandé, chaque fonds investi dans la musique africaine constitue un investissement dans la jeunesse et dans l’avenir du continent. Pour y parvenir, il identifie cinq piliers essentiels : accès aux financements adaptés, accès aux données et aux technologies, cadre réglementaire approprié, renforcement de la chaîne de valeur et structuration des métiers.

Mais pour y parvenir, le rôle des institutions publiques est également central. Gwladys Gandaho, directrice adjointe de cabinet du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, a rappelé l’importance stratégique des industries culturelles et créatives, qui génèrent plus de 50 millions d’emplois dans le monde et représentent près de 400 milliards de dollars d’échanges commerciaux. L’Afrique, a-t-elle insisté, ne doit pas rester en marge de cette dynamique et le Bénin, en tant que hub culturel, entend accompagner ses acteurs pour renforcer leur compétitivité et leur professionnalisation. Le SIMA constitue ainsi un laboratoire de rencontres, d’échanges et de partenariats, où la créativité africaine peut s’exposer et se structurer pour devenir un instrument de coopération régionale et de croissance économique.

Pendant trois jours, le SIMA offre un programme dense. Conférences sur le financement et la réglementation, ateliers sur le digital et les données, masterclass sur le live et l’économie, tables rondes sur la place des femmes et le rôle des médias, ainsi que des showcases et rencontres professionnelles. Cette plateforme permet aux créateurs et aux investisseurs de construire ensemble un écosystème solide, fondé sur la structuration, la transparence et l’investissement ciblé.

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