Ces pays envisagent la mutualisation des efforts pour assurer un approvisionnement en gaz naturel fiable, compétitif et capable de soutenir leurs ambitions en matière d'accès à l'électricité.
Cette rencontre, tenue sous l’égide du Groupe de la Banque mondiale, s’inscrit dans le cadre des politiques visant à juguler les contraintes liées au manque de cet hydrocarbure face à la demande croissante et aux besoins d’alimentation en électricité. Elle intervient dans un contexte où les systèmes électriques reposent majoritairement sur les centrales thermiques.
Le Bénin a exposé ses contraintes majeures en matière d’énergie électrique et d’accès à une source d’approvisionnement en gaz naturel, malgré la proximité du Nigeria et du Ghana, riches en gaz. D’après Édouard Dahome, président de l'Autorité de régulation de l'électricité du Bénin, les besoins en électricité entravent la conclusion de véritables contrats gaziers.
Selon ses explications, depuis de nombreuses années, des pistes et perspectives sont explorées sans véritables solutions concrètes. Selon le ministre togolais des Mines et des Ressources énergétiques, Messan Eklo, le constat est le même dans son pays.
La Côte d'Ivoire, comme un pilier énergétique en devenir
Hôte du sommet, Abidjan a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle moteur. Cette ambition s’explique par les récentes découvertes de gisements gaziers estimés entre 8 et 10 Tcf. D’après Mamadou Sangafowa Coulibaly, ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, la vision d’une coopération régionale cadre avec l’ambition du président ivoirien Alassane Ouattara de s’alimenter et de fournir les pays de la sous-région.
Ainsi, la Côte d'Ivoire se positionne comme un pilier dans la fourniture de gaz naturel pour son territoire, mais également comme fournisseur des pays voisins.
La Banque mondiale favorable à une approche régionale
Pour Ousmane Diagana, vice-président pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre représentant le Groupe de la Banque mondiale, le gaz reste un levier central, moins coûteux que d'autres sources, mais encore sous-exploité de manière coordonnée. Selon lui, les pays gagneraient à envisager des solutions à l’échelle régionale afin de limiter les contraintes et d’accroître les bénéfices, notamment par la réalisation d’économies d’échelle plus significatives.
L'institution encourage explicitement une stratégie commune, estimant que seule une approche régionale permettrait de générer les économies d'échelle nécessaires pour abaisser les coûts et garantir la sécurité d'approvisionnement.
Cette volonté d’accompagner les pays cadre avec l’initiative Mission 300 (M300) de la Banque mondiale, qui prévoit de donner accès à l'énergie à 300 millions d'Africains à l’horizon 2030. Cet engagement se traduit sous diverses formes : assistance technique, financement des infrastructures logistiques nécessaires, réduction des risques afin de faciliter l’attrait des investisseurs privés, ou encore appui aux réformes du secteur énergétique.