Par Brunelle TCHOBO
À l’occasion de l’événement « CDC Bénin Talk spécial 5 ans », tenu le jeudi 18 décembre 2025 au ministère de l’Économie et des Finances, l’institution a présenté un premier bilan chiffré, tout en dévoilant ses orientations stratégiques pour la période 2026-2030.
Cette rencontre a rassemblé des décideurs publics, des partenaires techniques et financiers, des acteurs du secteur privé et des porteurs de projets, pour analyser l’impact réel du capital long sur la transformation économique du Bénin.
Un outil financier au cœur du Pag
Créée dans le cadre du Programme d’actions du gouvernement (Pag) et opérationnelle depuis octobre 2020, la CDC Bénin a pour mandat de mobiliser et sécuriser les ressources domestiques, notamment l’épargne et les fonds réglementés, afin de les orienter vers des investissements structurants, à long terme, à fort impact économique et social.
Dans son keynote d’ouverture, la directrice générale de la CDC Bénin, Maryse Lokossou, a rappelé la vocation première de l'institution, qui est de transformer l’épargne nationale en levier de financement du développement. D'après elle, la CDC Bénin se veut un instrument collectif, capable de canaliser les ressources béninoises vers des projets créateurs de valeur durable.
Des indicateurs financiers en progression
Sur le plan quantitatif, les performances affichées traduisent une montée en puissance progressive. À fin septembre 2025, la CDC Bénin a mobilisé 1.067 milliards de francs Cfa de ressources, constitué 856 milliards de francs Cfa d’actifs financiers, renforcé ses fonds propres à 173 milliards de francs Cfa et validé 613 milliards de francs Cfa de financements en faveur de projets structurants.
Au-delà des chiffres, l’impact économique se reflète également dans la création de plus de 10.000 emplois, dont 44% occupés par des femmes, ainsi que dans la consolidation de certaines filières clés. Les secteurs du cajou et du textile, notamment, ont enregistré une hausse significative de leur valeur ajoutée, respectivement de 47% et 20%, selon les données présentées.
La confiance mutuelle dans le secteur privé béninois
L’événement a également donné lieu à un panel sur le thème « Écosystème du secteur privé au Bénin : créer des ponts entre ancienne et nouvelle génération ». Les échanges ont mis en évidence les défis structurels qui freinent encore la coopération entre entrepreneurs béninois.
Pour Christian Mondjanagni, directeur général d’Ete (Fifa de Sainte Luce), la méfiance reste un obstacle majeur à la mutualisation des efforts et à la croissance collective. Il appelle à l’instauration d’une culture entrepreneuriale fondée sur la loyauté et la confiance.
De son côté, Imeldus N’Vekounou, directeur général de FundLab, pointe le déficit de communication entre acteurs économiques. Selon lui, l’absence de dialogue nourrit les incompréhensions et fragilise les partenariats. Il plaide pour des échanges plus transparents et structurés au sein du secteur privé.
Raymond Adjakpa Abilé, secrétaire général de la CCI Bénin, a quant à lui insisté sur le rôle des institutions d’accompagnement pour instaurer un cadre de collaboration durable. Il a rappelé que les incitations réglementaires ne suffisent pas sans une confiance réelle entre partenaires.
Cap sur 2026-2030
Se projetant vers l’avenir, la CDC Bénin entend renforcer son rôle d’investisseur à impact. Plusieurs projets structurants ont été annoncés, dont Diasdev, un produit d’épargne destiné à mobiliser les ressources de la diaspora, Mamatontine, visant à structurer l’épargne issue des tontines, ainsi que de nouveaux instruments de financement dédiés aux PME, aux projets verts et à l’entrepreneuriat féminin.
À travers ces initiatives, la CDC Bénin ambitionne de consolider son positionnement comme tiers de confiance, tout en contribuant à la transformation structurelle de l’économie béninoise par un financement patient, inclusif et durable.







