Par Claudia Kenou
L'Agence des systèmes d'information et du numérique du Bénin (Asin), a organisé jeudi 07 novembre 2024 à l'hôtel Golden Tulip de Cotonou, la conférence dénommée Bénin CyberDay. Ce rendez-vous qui vient en marge de la Semaine du numérique (Senum), l'événement phare du monde du numérique béninois, est dédié à la sensibilisation et à l’engagement des acteurs du numérique autour des enjeux cruciaux de la cybersécurité et des cadres dirigeants en charge de la gouvernance des entités étatiques ou non.
L'édition 2024 de la Semaine du numérique (Senum) qui a démarré le lundi 04 novembre dernier se poursuit jusqu'au vendredi 08 novembre 2024. Ainsi, pour faire de cet événement la référence où les différents échanges et discussions contribueront à forger l'écosystème du numérique et le rendre plus sécurisé et résilient, l'Agence des systèmes d'information et du numérique (Asin), chargée d'assurer l'exécution opérationnelle des programmes et projets numériques au Bénin a organisé le Bénin CyberDay. En effet, dans un contexte marqué par l’hyperconnexion, source à la fois de croissance économique et de vulnérabilités accrues, cet événement placé sous le thème : « Cybersécurité à l'ère de l'hyperconnexion : Bâtir une résilience numérique et renforcer la confiance », vise à mobiliser les professionnels du domaine autour d’une vision commune pour construire un cyberespace plus sûr et résilient. On comprend donc aisément Marc-André Loko, directeur général de l'Asin lorsque, dans son allocution d'ouverture de la conférence, il dit : « Dans un contexte où nous sommes exposés constamment à des cybermenaces, à des problématiques de cybersécurité, il est donc de notre responsabilité collective de mettre tous les moyens nécessaires pour assurer la protection de nos infrastructures, de nos plateformes, des données de nos citoyens et des entreprises ». Par ailleurs, selon le patron de l'Asin, la résilience numérique ne se repose pas uniquement sur les infrastructures robustes et les différentes technologies qui sont quotidiennement déployées mais également sur une collaboration étroite entre toutes les parties prenantes que ce soit au plan national qu'à l'international. Il a rassuré les acteurs de l'écosystème du numérique des nombreuses avancées qui ont été faites par l'Asin dans ce sens. « Nous sommes membres de AfricaCert, nous avons aussi divers partenariats avec des pays de référence comme l'Estonie, le Rwanda. Le Bénin est également un membre éminent du Conseil des agences de cybersécurité du continent, membre du Sata, animés par le Smart Africa. Afin d'avoir un terreau favorable au partage d'expérience et de mettre en visibilité ce que nous faisons au Bénin nous avons signé un partenariat avec l'Agence de développement du digital », a-t-il martelé. Cette année, ajoute-t-il, pour travailler sur des axes importants de la transformation numérique que ce soit sur la data de manière générale ou sur la modernisation des infrastructures qui touchent à l'intelligence artificielle, l'Asin Bénin a en outre signé un partenariat avec Google Cloud. Profitant de son allocution, Marc-André Loko a exprimé son satisfecit du chemin parcouru par l'Asin depuis l'aube de la rupture. « Les premières années du premier programme d'action du gouvernement, nous étions, des débutants, des apprentis. Progressivement, nous avons gagné un certain nombre d'échelons. Et vous avez pu voir dans le dernier classement du Global Cyber Security Index de l'Union Internationale des télécommunications, que nous avons une fois de plus progressé, puisque le Bénin est sixième à l'échelle internationale », s'est-il réjouit. Tout en manifestant sa volonté de voir le Bénin parmi les plus grandes nations à l'abri des cyberattaques, il a également souhaité à travers le Bénin CyberDay, développer une culture forte en matière de cybersécurité fondée sur la confiance où chaque acteur que ce soient les entités gouvernementales ou les acteurs du secteur privés joue un rôle essentiel. « Ensemble, avançons vers avenir numérique plus sûr et plus fort », a été le mot d'ordre de Marc-André Loko, directeur général de l'Asin Bénin qui a ouvert le bal aux différentes festivités de cette conférence.
Après lancement officiel de cette conférence, un panel sur le thème « Gouvernance cyber sécurité, quelle stratégie face à la complexification du paysage des menaces ? », a été animé. Ouanilo Medegan Fagla, directeur général du Centre national d’investigations numériques et plusieurs autres personnalités du monde du numérique ont pris part à ce panel. Pour le directeur général du Centre national d’investigations numériques, compte tenu des diverses formes que prennent les cyberespaces aujourd'hui, le Bénin comme tant d’autres pays, est confronté à une accélération des cybermenaces dont les acteurs ont du mal à suivre le rythme. Il urge, insiste-t-il que les différentes entités puissent travailler à 360° sur tous les aspects de leurs projets pour être sûres d'avoir au minimum un niveau de sécurité acceptable. « Désormais, quand vous êtes en train d'établir les budgets annuels, ne banaliser point les initiatives que les champions internes de cybersécurité auraient proposées, parce que c'est un poste de dépense cher. La cybersécurité ne va pas générer du chiffre d'affaires, mais peut vous garantir votre chiffre d'affaires. Il ne faut pas attendre que ça vous arrive avant d'anticiper. C'est une assurance dont nous ne pouvons pas nous passer », a conclu Ouanilo Medegan Fagla, directeur général du Centre national d’investigations numériques.
Par Fortuné Dotin