Par Boris Mawuena
Selon le Rapport économique et financier annexé à la loi de finances 2026, le pays poursuit résolument la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (PAG) 2021-2026, avec pour priorité la transformation structurelle de l’économie, l’industrialisation et la diversification des sources de richesse.
Dans le secteur primaire, l’agriculture continuera de jouer un rôle moteur avec une croissance projetée à 5,8%. La filière coton connaîtra une progression notable, avec une production attendue de 780.000 tonnes, soit une hausse de 16,3%. Cette performance s’explique par l’intensification de la mécanisation, l’utilisation de semences améliorées et le renforcement de l’accompagnement des producteurs, visant à accroître les rendements et la compétitivité sur les marchés régionaux et internationaux.
L’industrialisation en forte accélération
Le secteur secondaire devrait connaître une expansion de 9,3%, portée par la montée en puissance du tissu industriel et la réalisation de nouvelles infrastructures. Les activités de construction bénéficieront de la poursuite des grands projets inscrits dans le PAG.
Sur le plan énergétique, la mise en service de centrales thermiques et solaires, notamment celles de Defisol et des centrales photovoltaïques de Pobè, Kandi, Bohicon, Parakou, Djougou et Natitingou, permettra de sécuriser l’approvisionnement en électricité, condition essentielle à l’industrialisation. Les industries agroalimentaires et manufacturières poursuivront leur montée en gamme, renforçant la transformation locale des matières premières.
Les services et le commerce soutiennent la dynamique
Le secteur tertiaire devrait progresser de 6,7% en 2026, après 7,9% en 2025. Cette croissance sera soutenue par le développement du Port de Cotonou, véritable moteur des services de transport, de logistique, de télécommunications et des activités financières.
Le dynamisme des échanges régionaux, notamment avec le Nigeria, ainsi que l’approfondissement du libre-échange, renforceront les activités commerciales et les services liés au commerce transfrontalier.
Inflation maîtrisée et protection sociale renforcée
L’inflation devrait rester contenue à 2%, en dessous du seuil communautaire de 3% fixé par l’UEMOA, grâce à de bonnes campagnes agricoles et à la stabilité des prix alimentaires.
Parallèlement, le gouvernement poursuivra le renforcement des politiques sociales afin de protéger les populations vulnérables. L’extension du programme ARCH, la généralisation des cantines scolaires, l’accès facilité au microcrédit pour les femmes, la gratuité de l’éducation pour certaines catégories ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau potable contribueront à consolider un développement plus inclusif.
Un environnement international contrasté
Selon le Fonds monétaire international, l’économie mondiale devrait croître de 3,1% en 2026, contre 3,2% en 2025. La baisse de l’inflation mondiale à 3,6% et l’assouplissement des politiques monétaires offriront un environnement externe relativement favorable.
Les États-Unis enregistreront une croissance de 2,1%, tandis que la zone euro et le Japon évolueront à un rythme plus modéré. La Chine, de son côté, devrait ralentir à 4,2%. En Afrique subsaharienne, la croissance atteindrait 4,4%, portée par la stabilisation macroéconomique et un contexte international plus stable.