Par Boris Mawuena
Cette performance reposerait sur plusieurs secteurs moteurs. L’agriculture devrait maintenir une activité soutenue, portée par les politiques publiques de mécanisation, d’amélioration de l’accès aux intrants et de renforcement du conseil agricole. Le secteur industriel poursuivrait sa dynamique, notamment à travers la transformation locale des produits. À cela s’ajoutent la hausse du trafic au port de Cotonou et les actions de promotion touristique, contribuant à la relance des services et à l’élargissement des recettes.
La croissance projetée s’inscrirait dans un contexte de stabilité des prix. Le taux d’inflation est attendu autour de 2% en 2026, un niveau inférieur à la norme communautaire de 3% fixée par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette situation reflète la maîtrise des tensions inflationnistes et les efforts de préservation du pouvoir d’achat des ménages.
Le budget de l’État pour 2026 s’équilibre en ressources et en charges à 3.783,98 milliards de francs Cfa, contre 3.551 milliards en 2025, soit une progression de 6,6%. Cette augmentation traduit l’accent mis sur les investissements publics et le renforcement des dépenses sociales, tout en maintenant un cadre budgétaire prudent.
Le déficit budgétaire global est estimé à 419,16 milliards de francs Cfa, représentant 2,7% du Produit intérieur brut (PIB), un niveau conforme aux critères de convergence communautaires, fixés à un maximum de 3%.
Performance, transparence et ouverture budgétaire
L’élaboration du projet de loi de finances 2026 a été marquée par des débats publics élargis, associant la société civile et le secteur privé, dans une démarche d’ouverture budgétaire et de renforcement du contrôle citoyen.
Conformément à la loi organique relative aux lois de finances, le budget est présenté en mode programme, avec une attention particulière portée à la performance, à la transparence et à l’intégration des enjeux transversaux. Les crédits sont désormais liés à des objectifs précis et à des indicateurs mesurables, renforçant l’efficacité de l’action publique.
Innovation notable, les critères de répartition des concours financiers de l’État aux collectivités territoriales intègrent désormais la résilience et l’adaptation aux changements climatiques, traduisant l’intégration progressive des enjeux environnementaux dans la gouvernance budgétaire.
Au-delà de l’exercice 2026, le cadre budgétaire pluriannuel 2026-2028 témoigne de la volonté du gouvernement de renforcer durablement la soutenabilité des finances publiques. Sur cette période, les ressources de l’État devraient croître en moyenne de 12,3% par an, contre 11,4% pour les dépenses.
Le gouvernement ambitionne notamment de relever le taux de pression fiscale, qui passerait de 13,9% en 2025 à 14,4% en 2026, puis à 15,4% à l’horizon 2028. Parallèlement, le ratio de la masse salariale sur les recettes fiscales devrait être stabilisé autour de 30%, conformément aux normes de l’Uemoa.
La trajectoire du déficit budgétaire, dons compris et en base ordonnancement, resterait maîtrisée, passant de 2,9% du PIB en 2025 à 2,7% en 2026, puis à 2,6% en 2028, tout en maintenant une dynamique d’endettement soutenable.