Par Boris Mawuena
Elle a réuni plusieurs acteurs clés, dont le directeur national de la BCEAO, Emmanuel Junior Assilamehoo, le directeur de l’INSTAD ainsi que des représentants du secteur privé. Selon les données présentées, le solde global des échanges extérieurs du Bénin en 2024 affiche un déficit de 245,7 milliards de francs Cfa, en amélioration par rapport à 2023.
Cette évolution positive s’explique notamment par une réduction du déficit du compte courant, une baisse du déficit de la balance des biens et une amélioration de l’excédent du revenu secondaire, malgré l’aggravation du déficit des services et du revenu primaire.
Dans le détail, les exportations de biens ont légèrement reculé de 0,7%, tandis que les importations ont diminué de 7,9%, notamment celles liées aux produits énergétiques, alimentaires, intermédiaires et aux biens d’équipement. Le déficit commercial s’est fortement réduit de 56,6%. En revanche, les importations de services ont progressé pour atteindre 37,6 milliards de francs Cfa, en hausse de 5,7%. Les transferts de fonds des migrants ont également augmenté de 12%.
Sur le plan international, l’année 2024 a été marquée par une stabilité et une reprise de la croissance économique mondiale, après deux années de ralentissement.
Pour Emmanuel Junior Assilamehoo, cette journée permet à la Banque centrale de partager avec les acteurs économiques l’analyse des évolutions récentes et les perspectives des paiements extérieurs. Il a également souligné que cet exercice favorise la concertation autour des défis et opportunités liés aux comptes extérieurs du pays.
De son côté, Alban Bienvenu Bessan a estimé que la présentation des comptes extérieurs offre l’occasion d’évaluer l’impact des décisions économiques sur la compétitivité du Bénin et son équilibre extérieur. Il a assuré que les performances enregistrées confirment que le pays évolue sur une trajectoire globalement positive.
Toutefois, le directeur national de la BCEAO a relevé certaines fragilités. Il a notamment noté la baisse des exportations et la forte dépendance aux services importés, en lien avec les nombreux projets en cours nécessitant des expertises étrangères. En 2024, le déficit des services représente 87% du déficit courant, ce qui pèse lourdement sur la balance des paiements. Il a aussi appelé à encourager les opérateurs privés béninois à investir davantage dans le fret et les services logistiques, actuellement dominés par des entreprises étrangères.
Au plan financier, le Bénin conserve une bonne attractivité, mais son passif financier net a augmenté de 708,5 milliards de francs Cfa à fin décembre 2024, en raison notamment de la hausse des investissements de portefeuille, plus rapide que celle des actifs extérieurs.
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Le gouvernement est invité à poursuivre les réformes visant à améliorer l’environnement des affaires et à faciliter la mise en œuvre des projets privés. Le secteur privé est appelé à respecter les règles de rapatriement des recettes d’exportation. La BCEAO, pour sa part, devra renforcer les actions de contrôle et d’accompagnement des établissements de crédit et des entreprises exportatrices.