Par Claudia Kenou
Depuis juin 2025, vivre avec moins de 3 dollars par jour est désormais considéré comme une situation d’extrême pauvreté, selon la nouvelle définition adoptée par la Banque mondiale. Cette révision reflète la hausse du coût de la vie à l’échelle mondiale et la volonté de l’institution d’aligner ses critères sur les besoins fondamentaux réels.
Le nouveau seuil repose sur les données de Parité de pouvoir d’achat (PPA) de 2021, publiées en mai 2024 par le Programme de comparaison internationale (PCI). Ce seuil correspond à la médiane des seuils de pauvreté nationaux de 23 pays à faible revenu, exprimés en dollars internationaux. Le chiffre obtenu, 3,04 dollars, a été arrondi à 3,00 dollars selon la pratique habituelle. La Banque mondiale actualise régulièrement ce seuil pour tenir compte de l’évolution économique mondiale: 1 dollar par jour en 1985; 1,25 $ en 2001; 1,90 $ en 2015; 2,15 $ en 2022 (basé sur les PPA de 2017) et 3,00 $ en 2025 (basé sur les PPA de 2021). Pour mieux refléter la diversité des conditions de vie dans le monde, la Banque mondiale utilise désormais trois seuils de pauvreté: 3,00 $/jour pour les pays à faible revenu (contre 2,15 $ auparavant) ; 4,20 $/jour pour les pays à revenu intermédiaire inférieur (contre 3,65 $) et 8,40 $/jour pour les pays à revenu intermédiaire supérieur (contre 6,85 $). Ces valeurs correspondent à la médiane des seuils nationaux exprimés en PPA pour chaque groupe de pays. Elles permettent une mesure plus fine de la pauvreté, adaptée au niveau de développement économique de chaque pays.
Un seuil encore très bas
Malgré cette révision, le seuil de 3 dollars par jour reste très bas. Il représente un minimum vital : en dessous de ce montant, les besoins essentiels - alimentation, logement, santé, éducation - ne peuvent pas être couverts. Il continue donc de mesurer la pauvreté absolue, en particulier dans les pays les plus pauvres. En 2024, la Banque mondiale a introduit un nouvel outil d’analyse : l’écart de prospérité. Cet indicateur mesure la différence entre les niveaux de vie dans les pays à faibles et moyens revenus, et ceux des pays à revenus élevés. Il permet de mieux visualiser les inégalités mondiales en matière de bien-être et d’accès aux ressources. Les Parités de pouvoir d’achat sont essentielles pour établir ces comparaisons. Elles permettent de convertir les revenus et les seuils de pauvreté en une monnaie commune qui tient compte des différences de prix entre pays. Sans elles, il serait impossible d’évaluer de manière fiable les niveaux de vie à l’échelle mondiale.