Par Janvier Gbedo
Cette situation, qui fait suite à une tendance observée durant les mois précédents, indique un ralentissement de l'activité économique générale, touchant à la fois la demande extérieure et la demande intérieure. En effet, le bilan trimestriel fait état d'une baisse des exportations, lesquelles s'établissent à 89,05 milliards de francs Cfa, ce qui correspond à un recul de 24,8%. Les importations ont également diminué, atteignant 442,3 milliards de francs Cfa, soit une baisse de 10,9%.
La filière coton, historiquement prépondérante, est au cœur de cette évolution. La baisse des volumes de coton brut exporté est une conséquence directe de la montée en puissance des unités de transformation situées dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), indique le bilan. « La GDIZ absorbe dorénavant une partie du coton brut destiné à l'exportation pour le transformer localement. Ce changement modifie la structure traditionnelle des flux commerciaux et représente une opportunité de création de valeur ajoutée. La stabilisation des recettes d'exportation en 2026 dépendra du succès à augmenter la valeur des produits textiles transformés (fils, tissus, vêtements) exportés, compensant ainsi la diminution des ventes de matières premières », explique la même source.
Concernant les importations, le secteur du riz a eu un impact notable, sa baisse contribuant à hauteur de –11,9 points de pourcentage à la contraction globale des importations. Les importations de riz semi-blanchi se sont élevées à 79,3 milliards de francs Cfa sur le trimestre. L'Inde est identifiée comme le premier fournisseur du Bénin pour ce produit. Cette dépendance aux importations de riz, d’après ces données, expose le marché intérieur à la volatilité des cours mondiaux et à la politique des pays producteurs. Géographiquement, l'Asie continue de jouer un rôle central dans les échanges : le Bangladesh demeure le premier client du Bénin (32,1% des exportations, principalement du coton), et la Chine et l'Inde sont des sources majeures d'approvisionnement.
Par ailleurs, la relation avec le Nigeria reste structurante pour la sous-région, mais elle expose l'économie béninoise à la volatilité monétaire et réglementaire de ce marché. Pour améliorer les performances extérieures en 2026, les leviers identifiés par l’INSTAD sont la diversification des produits transformés, la consolidation de la logistique et l'accélération de la transformation agro-industrielle, la GDIZ étant la plateforme centrale de cette stratégie.