Face à la dépendance aux exportations de noix de cajou brutes, plusieurs pays ouest-africains accélèrent la valorisation locale. Les premières estimations du cabinet indépendant N’kalô suggèrent une bonne dynamique en 2025, avec notamment l’augmentation des capacités de transformation dans la zone ouest-africaine.
Selon ces données, 732.000 tonnes de noix de cajou ont été transformées en amandes dans l’ensemble des pays producteurs d’Afrique de l’Ouest, contre 483.500 tonnes un an plus tôt, soit une progression de 51%.
Cette performance reste cependant concentrée autour de trois pays : la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Ghana, tandis que les autres producteurs restent presqu’absents. La Côte d’Ivoire domine le trio. En 2025, son industrie a transformé 600.000 tonnes de noix de cajou, en hausse de 67% sur un an, représentant près de 82% de la production régionale d’amandes.
Cette évolution s’explique notamment par une meilleure disponibilité de la matière première, favorisée par le renforcement de la lutte contre la contrebande, ainsi que par un contexte international moins concurrentiel pour l’exportation de noix brutes.
Derrière Abidjan, le Bénin se distingue par une progression rapide. En effet, le Bénin a produit 50.000 tonnes d’amandes en 2025, soit le double du volume enregistré l’année précédente. Ce niveau constitue un record pour l’industrie béninoise, dont le pic des cinq dernières années ne dépassait pas 13.000 tonnes en 2020.
Ce bond s’inscrit dans la continuité de la décision prise en avril 2024 d’interdire l’exportation de noix de cajou brutes, afin de renforcer l’approvisionnement des unités locales et d’accroître la valeur ajoutée créée sur le territoire.
Le Ghana, troisième contributeur à la croissance régionale, a transformé environ 15.000 tonnes de noix de cajou en 2025, en hausse de 7%. Ce volume reste toutefois inférieur au maximum atteint sur les cinq dernières années.
Le secteur demeure confronté à des contraintes d’accès à la matière première et à un cadre réglementaire encore peu orienté vers la transformation, contrairement aux politiques mises en œuvre en Côte d’Ivoire et au Bénin.
Dans l’ensemble, la progression observée en 2025 renforce la place de la transformation locale dans la filière anacarde ouest-africaine. Pour le Bénin, les résultats, si besoin est encore de le rappeler, confirment l’impact des choix industriels récents.
Le maintien de cette dynamique dépendra de la capacité des pays à consolider l’approvisionnement, soutenir les unités de transformation et préserver la compétitivité face aux évolutions du marché international.