
Au cours de la semaine du 06 au 10 juillet 2026, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a enregistré une nouvelle progression de ses principaux indices
Par Fortuné DOTIN
La BRVM signe une nouvelle progression, portée par des envolées spectaculaires sur certaines valeurs, tandis que les titres publics confirment une forte différenciation entre les signatures souveraines.
En effet, le mouvement haussier se renforce sur les marchés financiers de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Au cours de la semaine du 06 au 10 juillet 2026, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a enregistré une nouvelle progression de ses principaux indices, tandis que le marché des titres publics a continué de mobiliser les investisseurs.
Mais derrière cette dynamique favorable, un constat s’impose : la progression des marchés ne profite pas uniformément à tous les actifs. Sur la BRVM comme sur le marché obligataire régional, les investisseurs continuent d’opérer une sélection rigoureuse, privilégiant les opportunités offrant le meilleur compromis entre performance, rendement et niveau de risque.
La BRVM accélère, portée par une forte concentration des performances
Le marché régional des actions a franchi un nouveau palier au cours de la semaine. Les principaux indices ont tous terminé en hausse, avec une progression particulièrement marquée du compartiment des grandes valeurs.
Le BRVM Composite s’est apprécié de 3,31%, le BRVM-30 de 4,09% et le BRVM Prestige de 0,87 %. Cette progression confirme la dynamique favorable observée sur la place régionale. Toutefois, l’évolution des indices masque d’importants écarts entre les différentes valeurs cotées.
Certaines actions ont enregistré des performances remarquables. ETIT réalise la meilleure progression de la semaine avec une hausse de 36,17%, suivie de CBIBF (+23,84%), BOAN (+12,97%), BOAM (+9,66%) et NSBC (+8,48%).
À l’inverse, plusieurs titres ont subi des corrections significatives. UNXC affiche le plus fort recul de la semaine avec une baisse de 12,70%, devant SIVC (-12,53%), BNBC (-12,25%), CABC (-12,01%) et NEIC (-11,89%).
Cette forte dispersion entre les valeurs traduit une réalité importante du marché : la hausse actuelle repose davantage sur une sélection ciblée des titres que sur une progression généralisée de l’ensemble des actions cotées. Les investisseurs continuent ainsi de privilégier les entreprises présentant les perspectives bénéficiaires les plus favorables.
Les titres publics confirment une hiérarchie entre les signatures souveraines
Sur le marché régional des titres publics animé par UMOA-T, les États membres ont poursuivi leurs opérations de financement dans un environnement marqué par une liquidité toujours disponible.
Au total, 177,10 milliards francs Cfa ont été mobilisés au cours de la semaine, dont 58,01 milliards francs Cfa en Bons assimilables du Trésor (BAT) et 119,10 milliards francs Cfa en Obligations assimilables du Trésor (OAT). Les taux moyens pondérés se sont établis à 6,12% globalement, avec 3,76% sur les BAT et 7,27% sur les OAT.
Sur le segment obligataire, les écarts de rendement continuent de refléter la perception du risque par les investisseurs. Le rendement le plus élevé a été enregistré sur une émission de la Guinée-Bissau à trois ans, avec 7,97%, tandis que le rendement le plus faible concerne une émission du Togo à trois ans, avec 6,14%.
Cette différence illustre la manière dont les investisseurs ajustent leurs exigences en fonction de la qualité perçue des signatures souveraines.
Le signal du marché : la confiance récompense les profils les plus solides
Au-delà des montants mobilisés, les conditions obtenues par certains émetteurs apportent un éclairage intéressant sur le comportement des investisseurs.
Le Togo est ainsi parvenu à clôturer son OAT à trois ans avec un prix marginal supérieur au pair, à 10.001 FCFA, signe d’une forte demande et d’une prime de risque limitée accordée par les investisseurs.
À l’inverse, les émetteurs dont le profil de risque est considéré comme plus élevé doivent proposer des rendements plus importants pour attirer les capitaux. C’est notamment le cas de la Guinée-Bissau, dont l’émission a affiché un rendement supérieur malgré une demande toujours présente.
Cette situation confirme que la liquidité reste abondante sur le marché régional, mais qu’elle n’efface pas les différences de perception entre les signatures souveraines.
Ce que cette semaine révèle
La semaine du 06 au 10 juillet 2026 confirme une tendance qui se dessine progressivement sur les marchés financiers de l’UEMOA : la dynamique est favorable, mais elle s’accompagne d’une sélection toujours plus forte.
Sur la BRVM, les investisseurs renforcent leurs positions sur certaines valeurs capables d’offrir un potentiel de progression important, tandis que d’autres titres subissent des corrections marquées.
Sur le marché des titres publics, les capitaux restent disponibles, mais le coût du financement continue de dépendre étroitement de la confiance accordée à chaque émetteur.
Dans un marché orienté à la hausse, la véritable différence ne se joue plus seulement entre ceux qui investissent et ceux qui n’investissent pas, mais entre les actifs capables de justifier la confiance placée en eux.
Le chiffre à retenir : 36,17%. C’est la progression enregistrée par ETIT, meilleure performance hebdomadaire sur la BRVM au cours de la semaine du 06 au 10 juillet 2026.
Source : AGA, à partir des données de la BRVM et d’UMOA-T. Données arrêtées au 10 juillet 2026. Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement.











