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Burkina Faso : La suspension de l'exportation de céréales levée

Le Burkina Faso a officiellement levé la suspension des exportations de farine de céréales (mil, maïs et sorgho), en vigueur depuis février 2022.

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Le Burkina Faso a officiellement levé la suspension des exportations de farine de céréales

Le Burkina Faso a officiellement levé la suspension des exportations de farine de céréales

Par Fortuné DOTIN

Les exportations de céréales peuvent reprendre. Ainsi en a décidé le gouvernement burkinabè le 21 juillet 2026. La décision, annoncée par le biais d'un communiqué du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat en date du 21 juillet 2026, vise à permettre aux unités nationales de transformation d’écouler les stocks accumulés.

Les autorités insistent sur une condition incontournable : les exportations restent soumises à l’obtention préalable d’une Autorisation spéciale d’exportation (ASE), conformément à la réglementation en vigueur. Pour cela, les opérateurs économiques sont invités à respecter cette exigence, sous peine de sanctions prévues par les textes.

Écouler les stocks disponibles dans un environnement en plein boom

Dans son communiqué, le ministre du Développement Industriel, du Commerce, de l'Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises, Serge Gnaniodem Poda explique que cette décision répond à la nécessité de favoriser l’écoulement des stocks des entreprises nationales.

En effet , depuis 4 ans, le pays a su mettre plusieurs tonnes de céréales à la disposition des unités de production. Depuis mars 2026, la Banque mondiale a approuvé un projet de 215,9 millions de dollars pour accélérer la transformation de l'agriculture burkinabè. Le projet prévoit la modernisation des infrastructures de transformation des filières prioritaires, notamment le riz et le maïs.

Mieux, le 22 mai 2026, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a inauguré à Dédougou, dans la région de la Boucle du Mouhoun, deux unités industrielles de transformation agroalimentaire destinées à renforcer la valorisation des productions agricoles locales, notamment les céréales.

La première, la Société Agro-industrielle de Développement de l'Agriculture Familiale de la Boucle du Mouhoun (SODAF-BM-SA), a nécessité un investissement d'environ 1,6 milliard de FCFA. Elle transforme chaque année entre 12.000 et 15.000 tonnes de maïs en gritz, semoule, farine et sons pour l'alimentation animale, tout en générant 125 emplois permanents et plus de 1.500 emplois saisonniers.

La seconde, CABRE SARL, représente un investissement de 1,23 milliard de francs Cfa. Elle dispose d'une capacité annuelle de 35.000 tonnes de céréales et 10.000 tonnes de sésame, produisant des farines, semoules, intrants pour la brasserie, biscuits et aliments pour bétail.

Par ailleurs, le programme d'appui à la transformation durable des systèmes alimentaires (2026-2031) prévoit la réalisation ou la réhabilitation de 45 unités de transformation des produits agropastoraux et halieutiques sur l'ensemble du territoire burkinabè.

Plusieurs produits soumis à un contrôle strict à l’exportation

Le gouvernement burkinabè applique depuis peu une politique stricte de suspension des exportations pour stabiliser les prix et prioriser la consommation ou la transformation industrielle locale.

Les exemples sont nombreux. L'exportation de bétail (toutes catégories) est interdite depuis le 8 mai 2026. Cette suspension générale vise à forcer l'exportation de viande traitée plutôt que d'animaux sur pied. L'exportation de noix de cajou est aussi interdite depuis mars 2025 pour rediriger l’ensemble de la production vers les usines de transformation locales.

Ces mesures touchent aussi les métaux et matières premières. L'exportation de métaux de récupération (cuivre, fer, aluminium) est interdite afin d'alimenter les fonderies nationales et les usines métallurgiques locales. Dans un autre registre, l'exportation d'or par les comptoirs privés ou l'orpaillage artisanal est extrêmement surveillée et régulièrement suspendue pour lutter contre le trafic illicite et réorganiser le monopole d'État. Quant aux graines de coton, elles sont strictement réservées à la fabrication locale d'huile de coton par les huileries nationales.

Le Burkina Faso pourrait donc élargir les interdictions d'exportation en fonction des évaluations des autorités.

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